Kasai oriental : Petits cireurs, les autres enfants de la rue

Ils ne sont pas effectivement les enfants de la rue ou autrement les shegués. Les petits cireurs sont venus se débrouiller. Ils sont soit envoyés de force par leurs parents à faire ce métier, soit de leur propre gré.

Même s’ils n’attirent pas beaucoup d’attention par le fait que ce soient des enfants qui cirent les chaussures. C’est peut-être parce que l’on croit qu’ils ne sont pas dangereux. Mais, ils se livrent un travail qu’ils n’étaient pas obligés à leur âge.

A Mbujimayi, nombreux sont ces enfants dont l’âge oscille entre 7 et 12 ans. Ils se réveillent tôt le matin. Sans jouir des caresses parentales, ils sont dans la rue pour retrouver les clients. Ceux qui se précipitent d’aller au boulot et qui ont oublié de cirer chez eux. Cherchant à se maintenir, ces enfants cireurs tiennent bien à garder leur clientèle et peut-être les fidéliser. Raison pour laquelle ils sont là chaque matin sur les grandes artères.
Junior n’avait jamais souhaité cirer. Lui qui doit avoir 10 ans maintenant avait senti le devoir de se débrouiller. Venant d’une famille composée d’une dizaine d’enfants, ce gamin, huitième dans sa famille, soutient par ses petits efforts la ration familiale.

 » Papa est mort dans la mine. Maman vend de l’eau. Tous mes frères font la même chose que moi. Nous voulons subvenir aux besoins de notre famille. Sinon, nous allons mourir », explique Junior, portant un T-shirt bleu et une culotte. La discussion s’arrête lorsque ses yeux rougissent avec intention de faire couler des larmes. Il ne voulait plus parler. Junior se sentait incapable de poursuivre.

Comme lui, les garçons de son âge se sont lancés dans ce métier à cause des réalités de vie différentes. Dès leur bas âge, ils commencent à supporter leur famille en vue de survivre.

Alex, 8 ans, circule sous un soleil accablant. Accompagné de ses autres amis cireurs, il porte un petit sac et une caisse de bois en mains. Il jette son regard de part et d’autre pour voir venir un client. La première question que nous lui posons. Que fais-tu ici ? Alex, pensant que nous étions ses clients, se réservait de répondre. Il a hésité un peu de temps à répondre :
 » Je travaille. Mon travail, c’est de cirer. Si vous voulez, je peux les faire pour vous », déclare-t-il en riant cette fois.

 » Ma mère m’a dit de faire aussi comme les autres enfants du quartier. C’est comme ça que je suis ici », précise Alex qui n’avait pas l’air inquiet.  » A la fin de la journée, je peux avoir jusqu’à 2000 FC », explique le gamin.

Si certains parents sont parfois à la base de la croissance du phénomène, les autorités locales ne savent même pas qu’il existe une catégorie d’enfants cireurs. Les enfants, censés être à la maison, se voient obligés de travailler comme des adultes. Ce qui est grave.

Ronsard Luabeya

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