Stabilité macroéconomique et reprise post-crise : bilan économique de la RDC sous Félix Tshisekedi (2019–2024)
Sous la présidence de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, la République démocratique du Congo (RDC) a enregistré une évolution globalement positive de ses principaux indicateurs macroéconomiques entre 2019 et 2024, malgré un environnement international et national marqué par de fortes contraintes.
À son accession au pouvoir, le pays faisait face à une économie fragilisée par des décennies de mauvaise gouvernance, une forte dépendance aux matières premières, une inflation récurrente et une faible capacité de mobilisation des recettes publiques. Cette situation a été exacerbée par la pandémie de COVID-19, la volatilité des marchés mondiaux et l’insécurité persistante dans l’Est du pays.
Après une contraction de l’activité économique en 2020, avec une baisse du PIB de 1,7 %, l’économie congolaise a rapidement renoué avec une croissance soutenue. Le taux de croissance est passé à 6,2 % en 2021, avant d’atteindre 8,9 % en 2022 et environ 8,4 % en 2023, selon les estimations du Fonds monétaire international. Cette dynamique est principalement portée par l’essor du secteur minier, notamment le cuivre et le cobalt, ainsi que par l’amélioration du cadre macroéconomique soutenue par la mise en œuvre du programme économique et financier conclu avec le FMI.
Sur le plan monétaire, l’inflation, qui avait connu des tensions importantes en 2022 sous l’effet des chocs externes, a été progressivement maîtrisée pour s’établir autour de 6,5 % en 2023. Cette évolution reflète un renforcement de la discipline budgétaire, une réduction du financement monétaire du déficit public et une meilleure coordination entre la politique budgétaire et la politique monétaire conduite par la Banque Centrale du Congo. Le taux de change du franc congolais est resté relativement stable depuis 2021, soutenu par l’augmentation significative des réserves internationales, passées de moins d’un milliard de dollars en 2019 à plus de 4,5 milliards de dollars en 2023.
Les finances publiques ont également enregistré une amélioration notable. Le budget de l’État est passé d’environ 5 milliards de dollars en 2019 à près de 16 milliards de dollars en 2023, grâce à une meilleure mobilisation des recettes fiscales, à la rationalisation des dépenses publiques et à la lutte contre les circuits parallèles. Dans le même temps, la dette publique est demeurée soutenable, avec un ratio dette/PIB estimé à environ 18 %, bien en deçà des seuils de risque généralement admis.
Parallèlement, les autorités ont accru les dépenses sociales et les investissements publics, notamment à travers la gratuité de l’enseignement primaire, l’augmentation des dépenses de santé et la relance de projets d’infrastructures routières et énergétiques. Si ces résultats traduisent un renforcement des fondamentaux macroéconomiques et une amélioration de la crédibilité internationale de la RDC, des défis structurels demeurent, notamment la diversification de l’économie, la réduction de la pauvreté et la transformation de la croissance en développement inclusif et durable.

Par Mardochée CIBANGU NKUBA,
Économiste, Doctorant en Sciences Économiques et de Gestion, spécialiste des finances publiques et du développement des organisations


