RDC : la LUCHA s’oppose fermement à toute tentative de modification de la Constitution par le président Tshisekedi
La lutte pour le respect de l’État de droit en République démocratique du Congo (RDC) prend un nouveau tournant. Ce mardi 19 novembre, le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) a exprimé une opposition catégorique aux manœuvres présumées du président Félix Tshisekedi et de son parti, qui viseraient à modifier la Constitution pour permettre au chef de l’État de se maintenir au pouvoir au-delà des deux mandats prévus par la loi fondamentale.
Pour la LUCHA, la Constitution actuelle est le fruit des sacrifices de nombreux Congolais, y compris des militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le parti du président Tshisekedi. « Modifier ce texte pour satisfaire des ambitions personnelles constituerait une trahison envers la nation et ses martyrs », souligne le mouvement dans une déclaration rendue publique.
La LUCHA accuse également le régime en place d’incompétence et de répression, tout en dénonçant une mauvaise gouvernance ayant aggravé la souffrance du peuple congolais depuis l’accession au pouvoir de Félix Tshisekedi en 2019.
Des propos polémiques sur la Constitution
Les récents propos du président Tshisekedi à Kisangani, qualifiant la Constitution qu’il avait pourtant juré de respecter de « texte des étrangers », ont suscité l’indignation de la LUCHA. Selon le chef de l’État, cette Constitution imposerait une cession de territoire national à Lubumbashi, une affirmation que le mouvement qualifie de « tentative grossière de manipulation » et de « contre-vérité insultante ».
La LUCHA rappelle que la rédaction de la Constitution a été menée par des Congolais, dont plusieurs sont encore en vie. Elle souligne également que l’article 217 de la Constitution, cité à tort par le président, ne fait aucunement référence à une cession de territoire mais à un abandon partiel de souveraineté pour favoriser l’unité africaine, comme le prouve l’adhésion de la RDC à diverses organisations régionales.
Une mise en garde claire au président
Dans sa déclaration, la LUCHA adresse un message sans équivoque au président Tshisekedi :
« Nous veillerons à ce que vous quittiez le pouvoir au plus tard en 2028, au terme de votre second et dernier mandat. Toute tentative de modification de la Constitution pour vous éterniser au pouvoir sera combattue avec la dernière énergie. »
Le mouvement rappelle les luttes héroïques ayant contraint l’ancien président Joseph Kabila à quitter le pouvoir en 2019 et assure que « le peuple gagne toujours ».
Un climat politique tendu
Cette sortie de la LUCHA intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes, à l’approche de la fin du premier mandat de Félix Tshisekedi. Alors que les débats autour de la réforme constitutionnelle continuent de diviser, la société civile et l’opposition appellent à la vigilance pour préserver les acquis démocratiques.
Pour la LUCHA, toute velléité de modification constitutionnelle pour prolonger le règne du président Tshisekedi constitue une ligne rouge à ne pas franchir. Le mouvement citoyen appelle les Congolais à rester mobilisés pour défendre la démocratie et empêcher un retour aux dérives autoritaires.
La question reste désormais de savoir comment le pouvoir en place réagira face à cette opposition frontale, à un moment où la stabilité politique est plus que jamais en jeu en RDC.
Ronsard Luabeya


