RDC-ESU: pas de rentrée académique 2022 dans toutes les universités du pays, le Synacass annonce la grève
Il n’y aura pas de rentrée académique dans toutes les universités du secteur public de la république démocratique du Congo. C’est l’essentiel du message contenu dans le communiqué de presse du secrétariat général du syndicat national des chefs de travaux et assistants (SYNACASS), dont une copie a été déposée à la rédaction de coulisses.net ce vendredi 17 décembre 2021.
Selon l’esprit et la lettre de ce document, les revendications du syndicat n’ont pas jusqu’à ce jour trouvé un début de solution. Un constat fait à l’issue de la conférence des délégués syndicaux provinciaux du Synacass. À cet effet, une grève générale sera observée le 5 janvier 2022, date retenue par le ministère de l’enseignement supérieur et universitaire, pour la rentrée académique 2022-2023.
« Chers chefs de travaux, assistants et CPP (chargé de pratique professionnelle) des établissements d’enseignement supérieur et universitaire de la RDC, membres de Synacass, à l’issue de la conférence des délégués syndicaux provinciaux du Synacass, il a été été décidé, au regard des recommandations des membres du corps scientifique, et du contexte, l’observation d’une grève générale, à travers tous les établissements de l’ESU du secteur public, à partir du 05 janvier 2022. Tous les CT, assistants et CPP sont invités à se préparer à toute éventualité », lit-on dans ce communiqué signé par Jude-Chrétien Kinkani Kasongo, secrétaire général du Synacass.
Cette décision est soutenue par la représentation provinciale du syndicat. Déjà le 25 novembre dernier, le Synacass Kasaï oriental avait, au cours de son assemblée générale extraordinaire tenue à Mbujimayi, fustigé notamment le « traitement injuste, dégradant, ignoble, éhonté » qui leur est infligé par l’État Congolais depuis plusieurs
décennies.
Ses membres ont constaté que depuis plus de 15 ans, les professeurs ont connu des augmentations salariales (minimes soit-elles), mais l’Etat ne pense pas aux Chefs de Travaux, Assistants, CPP, qui sont leurs collaborateurs, ce qui traduit selon eux « une méchanceté notoire de la part des décideurs et un manque criant de considération au corps scientifique congolais par l’employeur,
l’Etat ».
Ils en ont pour preuve l’écart « trop considérable et injustifié » entre ce que touche un Professeur ordinaire (2.969.885 CDF), un Professeur (2.896.078 CDF) et un professeur Associé (2.849.953 CDF) tandis qu’un Chef de Travaux touche, après soustraction de 15% de l’IPR environ 260$ (526.000 CDF), un Assistant touche 109$
(218.000 CDF) « (et les autres Chefs de Travaux et assistants ne sont même pas pris en charge par l’Etat), soit moins qu’un Chauffeur, un Jardinier à la primature ou ailleurs, un Nettoyeur à l’Assemblée Nationale, un Huissier au Sénat, un Réceptionniste dans un
Ministère, etc. »
Revendications du SYNACASS
Dans son mémorandum adressé au ministère national de l’enseignement supérieur et universitaire avec copie aux différentes autorités politiques du pays dont le chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Synacass représentation provinciale dirigée par le chef de travaux Léon Kanku Kalonji a recommandé entre autres de :
- Faire preuve de Justice et d’équité, en payant aux Assistants la moitié du traitement d’un professeur ordinaire avant même l’application des résolutions des états généraux et répercuter la tension aux autres catégories du corps Scientifique ;
- Effectuer la même opération à chaque augmentation salariale
faite aux professeurs (ajouter la moitié à tout assistant de premier mandat et répercuter la tension). C’est-à-dire que, la prime des CT et Assistants ne peut plus être fixée délibérément par référence à l’arrêté interministériel N°ESURS/CABMIN/OO36/93 du 25 juin
1993 portant interprétation du tableau Synoptique d’équivalences
des grades annexes au statut du personnel de l’Enseignement Supérieur et Universitaire qui stipule que l’Assistant doit être payé à la hauteur de 50% du traitement d’un Professeur ordinaire et un
Chef de Travaux 75% ; - Mécaniser les 28.680 Nouvelles Unités et payer environ 6.000 Chefs de Travaux à leur grade réel;
- Interdire tout recrutement des nouvelles Unités jusqu’à la régularisation de la situation des membres du corps scientifique en
activité et non payés ; - Accorder des Bourses à tous les Assistants et Chefs de Travaux dans le but d’assurer la relève souhaitée et ce, avant l’activation de certaines dispositions de la Loi N°018/38 du 29 décembre 2018 et des Etats généraux de l’ESU de septembre 2021
crucifiant davantage un personnel scientifique congolais très mal
rémunéré.
Dans ce mémo, le Synacass Kasaï oriental a invité le chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo de se saisir personnellement de ce dossier afin de mettre fin, autant que sa vision de gouvernance l’exige, à cette injustice ultra inquiétante dont est victime le Personnel Scientifique.
Il a également demandé au gouvernement de répondre favorablement à ces désidératas et au ministre de tutelle, le Synacass a invité à accompagner sa lutte. Même les députés et sénateurs ont été saisis pour que ces revendications soient répondues, faute de quoi, une grève générale devrait être déclenchée. Unanimement, les membres du syndicat ont constaté le statu quo depuis qu’ils ont fait parvenir leur mémorandum. D’où l’annonce de la grève dès la rentrée académique 2022-2023.

Marc Valentin Kalcind


