La Faculté des sciences sociales de l’UOM éclaire le deal americano-congolais à travers une matinée scientifique sur l’effondrement du pétrodollar

La Faculté des sciences sociales de l’UOM éclaire le deal americano-congolais à travers une matinée scientifique sur l’effondrement du pétrodollar
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La salle Mulowayi wa Nzaba de l’Université Officielle de Mbujimayi (UOM) a servi de cadre, ce jeudi 26 mars, à une matinée scientifique organisée autour du thème : « Effondrement du pétrodollar et le deal américano-congolais ». Un choix motivé par l’importance stratégique des ressources minières dans la croissance économique des États, en particulier pour la République démocratique du Congo. 

Cette rencontre académique, qui a réuni professeurs, étudiants et membres du personnel administratif, est une initiative de la Faculté des sciences sociales, politiques et administratives de l’UOM, en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer Stiftung (KAS). 

Un éclairage sur un accord controversé 

Intervenant dans un contexte marqué par de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique congolaise, cette réflexion scientifique visait à apporter des éclaircissements sur l’accord conclu entre la RDC et les États-Unis d’Amérique. À travers diverses communications, les participants ont été édifiés sur les enjeux politiques, économiques et géostratégiques de ce partenariat. 

Analyse géopolitique et enjeux internationaux 

Dans son exposé, le professeur Hervé Mbaya, de l’Université de Lubumbashi, a orienté sa communication sur l’analyse de la politique étrangère américaine face au deal américano-congolais et au pétrodollar vénézuélien. L’orateur a notamment évoqué les raisons qui, selon lui, ont conduit les États-Unis à exercer des pressions sur le Venezuela, accusé d’utiliser les revenus pétroliers pour financer des réseaux liés au trafic de drogue. Comparant cette situation à celle de la RDC et du Rwanda, il a souligné que Washington entretient des relations d’alliance avec Kigali, ce qui limite toute action coercitive directe. 

« On ne traite pas avec un allié comme on traiterait avec un ennemi », a-t-il déclaré, tout en estimant que les États-Unis amorcent progressivement un repositionnement stratégique vers la RDC.  

Selon lui, ce partenariat pourrait représenter une opportunité pour le pays, notamment en termes de modernisation des infrastructures, de création d’emplois et de mobilisation des financements. 

La stabilité, clé du développement 

De son côté, le professeur Nicolas Mukoka Tshiyembi, doyen de la Faculté des lettres et sciences humaines de l’université de Mbujimayi (campus de Tshikama), a centré son intervention sur la stabilité de la RDC comme levier du développement économique et social. Rappelant que la RDC est souvent qualifiée de « scandale géologique » en raison de l’abondance de ses ressources minières, il a reconnu que l’accord américano-congolais suscite à la fois espoirs et critiques. 

« Même si les richesses peuvent être source de convoitises et de conflits entre grandes puissances, les Congolais doivent rester optimistes », a-t-il affirmé. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’une gestion transparente et responsable des minerais stratégiques afin que leur exploitation profite réellement à la population et contribue au développement durable du pays. 

Abordant la dimension communicationnelle du partenariat, le professeur Richard Aquilas Mukendi Bunana a mis en lumière les divergences d’interprétation autour de ce deal. S’appuyant notamment sur la position de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), qu’il qualifie de critique vis-à-vis du deal, il a indiqué que celle-ci le perçoit comme déséquilibré et potentiellement néocolonial, exposant la RDC à une exploitation abusive de ses ressources. 

« La démarche de la CENCO vise à empêcher la mise en œuvre de cet accord », a-t-il affirmé. 

Tout en appelant à éviter une « guerre communicationnelle », le doyen de la faculté des sciences sociales de l’UOM, a exhorté les différentes parties à privilégier un dialogue constructif et a invité le gouvernement à adopter une communication inclusive, capable de convaincre et de rassembler l’ensemble des Congolais. 

Clôturant les travaux, le représentant de la Fondation Konrad Adenauer Stiftung, le professeur Félicien Kabamba, a salué la qualité des interventions ainsi que l’intérêt manifesté par les participants. Il a également encouragé la poursuite de ce type d’initiatives scientifiques, essentielles pour nourrir le débat public et éclairer les enjeux nationaux.  

Enock MUTEBA MAZELA 

Rédaction

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