Grand Kasaï : ouverture à Mbujimayi de trois jours d’assises pour définir une vision commune et accélérer le développement de l’espace
La conférence sur le développement accéléré de l’espace Grand Kasaï a été officiellement lancée lundi 5 octobre octobre à Mbujimayi, chef-lieu du Kasaï Oriental. Pendant trois jours dans la salle des réunions Prof Tshiam, des représentants des cinq provinces de l’espace, des députés provinciaux, des notables, des investisseurs, des universitaires ainsi que des acteurs de la société civile se réunissent pour identifier les défis qui freinent le développement de cette partie de la République démocratique du Congo et dégager des pistes de solutions.
Dans son mot, Mgr Emmanuel Bernard Kasanda, directeur des assises, a appelé les participants à dépasser les clivages provinciaux pour construire une vision commune du développement.
Selon lui, cette rencontre constitue un cadre de réflexion devant permettre d’identifier collectivement les besoins et les défis de l’espace Grand Kasaï, mais également de traduire les choix stratégiques en projets structurants.
Les travaux s’articulent autour de trois principaux axes. Le premier concerne les mines, l’énergie, les infrastructures, le désenclavement et le tourisme. Le deuxième porte sur l’agriculture, l’industrie, l’entrepreneuriat et l’accès au financement. Le troisième est consacré à l’éducation, la formation professionnelle, l’emploi des jeunes, la culture, la cohésion provinciale et la coexistence pacifique.

Représentant ses quatre collègues gouverneurs, le gouverneur du Kasaï Oriental, Jean-Paul Mbuebua Kapo, a salué l’initiative de l’évêque de Mbujimayi. Il a notamment insisté sur la nécessité de faire du désenclavement et du rattrapage de l’espace Grand Kasaï des priorités.
« Le moment est venu de transformer nos difficultés en opportunités. Le moment est venu de faire du Kasaï un espace de solidarité, de coopération et de développement », a-t-il déclaré, avant de lancer officiellement les travaux.
De la régression du Grand Kasaï aux pistes de solutions
Les premières présentations ont permis de dresser un état des lieux de la situation de l’espace Grand Kasaï.

Parmi les interventions, le recteur Apolinaire Tshibaka a attribué une partie de la régression de l’espace à ce qu’il qualifie de « Mbuimviculture ». Selon lui, une culture du vol s’est progressivement installée dans plusieurs secteurs, notamment dans la politique, l’éducation et l’Église.
Pour cet intervenant, le développement du Grand Kasaï passe nécessairement par la lutte contre ces pratiques et la promotion de l’intégrité et de la responsabilité à tous les niveaux.

De son côté, le professeur Albert Kabasele Yenga Yenga, coordinateur du secrétariat technique de la conférence, a proposé notamment le suivi numérique des projets de développement. Cette approche devrait, selon lui, contribuer à renforcer la traçabilité, le contrôle et l’évaluation des projets mis en œuvre dans l’espace.
Les professeurs Raphaël Ngoyi, et la directrice générale du FNPSS, Alice Mirimo, ont également livré leurs présentations inaugurales.
Les échanges ont ensuite porté sur les réalités propres à chaque province. Les états des lieux de la Lomami et du Kasaï-Central, entre autres, ont été présentés aux participants, avant une séance de questions-réponses.
Ces assises se veulent un espace de concertation entre les différentes composantes de l’espace Grand Kasaï, avec l’ambition de faire émerger une vision partagée et des projets capables de répondre aux défis économiques, sociaux et infrastructurels de la région.
Les travaux se poursuivent mardi 6 octobre avec plusieurs autres exposés consacrés aux enjeux du développement accéléré de l’espace Grand Kasaï.
Antoine Banza


