Kasaï oriental: motion de défiance ou manœuvre d’étouffement ? Les dessous troublants de la crise politico-judiciaire
La motion de défiance déposée le 28 octobre 2025 contre le Gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo ne serait pas qu’un simple acte de contrôle parlementaire, comme veulent le faire croire les auteurs. Elle s’inscrit dans une série d’événements dramatiques et complexes qui révèlent une lutte acharnée entre justice, pouvoir et stratégie politique dans la province du Kasaï oriental.
Tout commence avec la réhabilitation du Gouverneur par la Cour constitutionnelle, une décision qui semble avoir ravivé les tensions au sein de l’Assemblée provinciale. À peine revenu à Mbujimayi, Jean-Paul Mbwebwa est confronté à une situation explosive. Il s’agit des rumeurs persistantes accusent certains députés provinciaux d’avoir recruté des malfaiteurs pour semer le chaos dans la ville, rapportent plusieurs sources à coulisses.net.
L’assassinat d’un policier, le point de bascule
Le 25 octobre, un policier affecté à la garde du vice-doyen chargé de la recherche à la faculté des sciences sociales de l’Université officielle de Mbujimayi (UOM) est assassiné dans une attaque ciblée au site PMKO. L’émotion est vive, et les soupçons se cristallisent rapidement autour du député provincial Kabundi, chef coutumier du territoire de Kabeya Kamuanga. Un enregistrement téléphonique compromettant le relie à une tentative de libération d’un des présumés auteurs arrêtés le 26 octobre.
Une affaire criminelle qui secoue les fondations politiques du Kasaï oriental
Le 27 octobre, l’auditorat militaire saisit officiellement le Bureau de l’Assemblée provinciale pour demander la levée des immunités du député Kabundi. Le Gouverneur, très impliqué dans le suivi de l’affaire, mobilise tous les services de sécurité pour des enquêtes rigoureuses. Mais cette dynamique judiciaire semble déranger certains élus.
Des réunions sont organisées pour étouffer l’enquête. Les choses se déroulent très vite comme à la vitesse de l’éclair. Étant pris, celui qui voulait prendre, une démarche suicidaire est mise en place. Les élus solidaires à leur collègue poursuivi lève l’option et choisissent l’éjection du gouverneur, conscients que cela créerait des troubles et empêcherait la suite de la procédure de l’auditorat militaire.
Une riposte politique : la motion comme écran de fumée
Face à la pression judiciaire, un groupe de députés solidaires au député Kabundi se réunit en urgence. Leur objectif : protéger leur collègue en détournant l’attention. La stratégie choisie est audacieuse : déposer une motion de défiance contre le gouverneur, l’accusant de mauvaise gestion, notamment d’une subvention de trois millions de dollars allouée par le gouvernement central. Le 28 octobre, la motion est introduite au Bureau de l’Assemblée.
Chronologie des événements
25 octobre 2025 attaque du domicile du vice-doyen, assassinat du policier
26 octobre 2025 arrestation de présumés auteurs par les services de sécurité
27 octobre 2025, saisine du bureau de l’assemblée par la justice militaire
28 octobre dépôt de la motion de défiance contre le Gouverneur
29 octobre 2025, désaveu de certains membres du Bureau par d’autres élus provinciaux
Fracture au sein de l’Assemblée
La manœuvre politique ne fait pas l’unanimité. Plusieurs députés, choqués par l’instrumentalisation de l’Assemblée pour étouffer une affaire criminelle, se désolidarisent et dénoncent publiquement la démarche. Le Bureau de l’Assemblée est fragilisé, et la pression populaire monte.
Les élus désavouent tous les membres du Bureau sauf le Président. Les choses tournent contre les élus auteurs de la déstabilisation des institutions et de la province.
Vers une clarification judiciaire ?
Malgré les tentatives de diversion, la justice militaire reste ferme. Les enquêtes se poursuivent, et la levée des immunités du député Kabundi demeure une priorité. Le gouverneur, quant à lui, semble déterminé à aller jusqu’au bout pour que lumière soit faite sur l’assassinat du policier. Ainsi donc, la motion de défiance, loin d’être un simple outil parlementaire, apparaît comme une tentative de brouiller les pistes d’une affaire criminelle grave. La population du Kasaï oriental, témoin de ces événements, attend désormais que justice soit rendue et que la vérité triomphe.
Rédaction


