Kasaï oriental : le MLC célèbre 28 ans d’existence et réaffirme son engagement dans la gestion publique
Le Mouvement de Libération du Congo (MLC), fédération du Kasaï Oriental, a célébré samedi 3 octobre 2026, à Mbujimayi, le 28ᵉ anniversaire de sa création. La cérémonie, organisée à l’hôtel Ka-Be de Luxe, a été placée sous le thème : « De la résistance politique à la responsabilité de l’État ».
Cadres, militants et sympathisants du parti de Jean-Pierre Bemba se sont réunis autour de ce moment commémoratif, marqué par des rappels historiques et des réflexions sur l’évolution politique du MLC.
Au nom du président fédéral, le secrétaire exécutif fédéral, Christian Tshiamala, a remercié les participants pour leur mobilisation et salué leur fidélité au parti.

Dans son intervention, il a rappelé que le MLC est né de la volonté de permettre aux différentes tribus, minorités et composantes de la société congolaise de se reconnaître dans un État capable d’assurer l’ordre et la protection de tous.
De la rébellion à la participation aux institutions
Revenant sur l’histoire du parti, Christian Tshiamala a rappelé que le MLC a été fondé le 30 septembre 1998, en pleine deuxième guerre du Congo, par Jean-Pierre Bemba Gombo. Implanté principalement dans l’ancienne province de l’Équateur, avec Gbadolite comme principal bastion, le mouvement s’est initialement structuré comme une rébellion armée opposée au pouvoir de Kinshasa.
Les accords de paix ont ensuite marqué un tournant dans l’histoire du mouvement. En 2003, le MLC a intégré les institutions de la transition, permettant à son président de devenir vice-président de la République.
Lors des élections de 2006, Jean-Pierre Bemba s’est qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle, tandis que le MLC s’est affirmé comme l’une des principales forces de l’opposition parlementaire.
Le parti a toutefois connu une période particulièrement difficile avec l’arrestation de son président en 2008 et son procès devant la Cour pénale internationale. Condamné en première instance en 2016, Jean-Pierre Bemba a été acquitté en appel en 2018 avant de regagner la République démocratique du Congo.
Depuis son retour au pays, le MLC s’est progressivement rapproché du pouvoir et a rejoint l’Union sacrée de la Nation autour du président Félix Tshisekedi.

Évoquant le passé du mouvement, Christian Tshiamala a rejeté l’idée selon laquelle le MLC aurait été créé dans le but de combattre la République démocratique du Congo.
Pour lui, le mouvement s’inscrivait plutôt dans une logique de résistance, voire de révolution, contre des forces étrangères présentes sur le territoire national. Une lecture historique qui demeure cependant sujette à débat dans le paysage politique congolais.
Le responsable fédéral a également défendu l’engagement actuel de Jean-Pierre Bemba au sein de l’Union sacrée, estimant que celui-ci traduit la volonté du MLC de contribuer désormais à la gestion de l’État.
Il a assuré que le président du parti n’avait pas renié ses convictions en rejoignant les institutions et a salué la participation des cadres du MLC au gouvernement, citant notamment Jean-Pierre Bemba Gombo, ministre des Transports, et Ève Bazaiba, ministre de l’Environnement.

Le MLC favorable au dialogue national
Abordant l’actualité politique, Christian Tshiamala a indiqué que le MLC soutient le dialogue national initié par le chef de l’État.
Il a toutefois insisté sur la nécessité de faire de cette démarche un cadre destiné à répondre aux préoccupations de la population, plutôt qu’un mécanisme de partage de postes ou d’avantages politiques. Le parti, a-t-il ajouté, soutient également les consultations populaires.
La cérémonie s’est clôturée par la remise symbolique de cartes aux membres ayant conservé leur fidélité au MLC depuis sa création. Un geste présenté comme une marque de reconnaissance envers les militants de la première heure et leur engagement au sein du parti.
Antoine BANZA


