Kasaï Central : les infirmières de Tshimayi refusent leurs affectations et interpellent les autorités

Kasaï Central : les infirmières de Tshimayi refusent leurs affectations et interpellent les autorités
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Une vive polémique entoure les récentes décisions d’affectation visant les infirmières du centre de santé Tshimayi, dans la province du Kasaï Central. À l’origine de la controverse, des documents jugés douteux par les bénéficiaires elles-mêmes et une partie de l’opinion publique, qui remettent en cause leur authenticité et leur conformité aux procédures administratives.

Selon plusieurs sources locales, ces nouvelles affectations interviennent dans un contexte déjà tendu, marqué par des accusations de détournement présumé de fonds destinés aux agents de santé dans le cadre d’un contrat avec la Banque mondiale, impliquant un infirmier titulaire (IT) sortant. Pour les infirmières concernées, ces mutations seraient une mesure de représailles consécutive à leurs revendications financières.

« Je suis permutée du centre de santé Tshimayi parce que nous avons réclamé notre argent détourné par l’IT partant. Tout le monde avait réclamé, hommes et femmes confondus, mais seules les femmes ont été permutées. Nous nous demandons si ce sont les femmes qui représentent toute l’équipe. Mes droits sont violés », déplore Bernadette Mbombo, chargée de maternité. Elle affirme par ailleurs que les documents d’affectation présentent des incohérences, la positionnant à la fois à Dibaya et à Tshimayi.

Même indignation chez Clémence Kalembue, qui estime être injustement sanctionnée pour avoir réclamé des fonds appartenant à sa sœur.

« Nous avons simplement reçu des documents annonçant nos permutations. Je suis seule avec mes enfants et on me demande de partir. C’est une situation difficile. Je ne quitterai Tshimayi que si l’argent détourné est remboursé et que mes droits sont respectés », a-t-elle déclaré.

De son côté, Ngodelive Nkaya met en doute la validité des documents reçus. « Ces affectations sont censées être signées par le gouverneur de province, mais les documents remis sont flous, illisibles et semblent être de simples copies scannées. Une décision officielle doit comporter une signature originale », soutient-elle. Elle ajoute que certains documents antérieurs, datés du 10 mars 2026 et maintenant déclarés annulés, ne leur ont jamais été officiellement notifiés.

Face à cette situation, les infirmières dénoncent une procédure opaque et réclament l’implication des autorités provinciales ainsi que des organisations de défense des droits des femmes. Elles exigent notamment la restitution des fonds présumés détournés ainsi que le respect des normes administratives en matière d’affectation.

Alors que la tension monte au sein du personnel de santé de Tshimayi, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à une enquête indépendante et à une résolution rapide de cette crise, afin d’éviter toute perturbation dans la prestation des soins au sein de cette structure sanitaire.

Boniface Mputu

Rédaction

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