Kasaï Central : le FONAREV lance l’accompagnement du processus d’identification des victimes à Kananga
Le Fonds national des réparations des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et de crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) a lancé, lundi 7 septembre à Kananga, l’accompagnement du processus d’identification des victimes dans la province du Kasaï Central.
L’activité, organisée dans la salle polyvalente de la Reconnaissance, a réuni les autorités provinciales, les acteurs de la société civile, les représentants du FONAREV ainsi que plusieurs experts du secteur. Les participants ont notamment réfléchi aux mécanismes opérationnels devant encadrer l’enquête post-identification des victimes.
Dans son mot de bienvenue, la coordonnatrice interrégionale du FONAREV dans l’espace Grand Kasaï, Gisèle Tshilengi, a souligné que cette démarche traduit la volonté des institutions compétentes et des différentes parties prenantes de promouvoir la responsabilité, la vérité, la justice et la reconnaissance des préjudices subis par les victimes.
Elle a assuré que le FONAREV entend accompagner le processus avec impartialité, professionnalisme, sensibilité et discrétion, tout en veillant au strict respect de la dignité humaine.
Présidant la cérémonie de lancement, le gouverneur du Kasaï Central, Joseph Moïse Kambulu, a, pour sa part, appelé les participants à considérer cette démarche comme une étape majeure du processus de justice transitionnelle, et non comme une simple formalité administrative.
Selon lui, cette initiative traduit la volonté du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, de faire de la justice transitionnelle, de la mémoire collective et de la réparation des victimes des priorités nationales.
« La province du Kasaï-Central porte des cicatrices douloureuses. Les événements sombres qui ont traversé nos territoires et cités ont laissé derrière eux des familles brisées, des femmes meurtries, des orphelins délaissés et une communauté profondément blessée dans sa dignité », a déclaré le gouverneur.
Joseph Moïse Kambulu estime que l’identification des victimes constitue une étape déterminante pour parvenir à des réparations adaptées.
« On ne peut pas réparer ce qu’on ne connaît pas », a-t-il insisté, présentant cette démarche comme une étape essentielle du mandat confié au FONAREV.
Le gouverneur a également rappelé que la mission du Fonds ne se limite pas à l’enregistrement des victimes. Elle doit, selon lui, contribuer à leur permettre de sortir de l’isolement et à bénéficier de réparations holistiques, aussi bien individuelles que collectives.
Ces réparations pourraient notamment passer par un accompagnement médical et psychologique, la réinsertion socio-économique ainsi qu’un appui à l’accès à la justice.
À cette occasion, l’autorité provinciale a réaffirmé l’engagement des autorités locales et des services provinciaux à accompagner activement l’enquête post-identification. Cet accompagnement devrait s’articuler autour de trois axes stratégiques, dont les modalités ont été abordées au cours des travaux.

Alain Digital Mudiandambu


