Ituri : au moins 11 civils tués et plusieurs biens incendiés dans une nouvelle attaque des ADF à Biakato
La situation sécuritaire continue de se détériorer dans la province de l’Ituri. Une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a ensanglanté, jeudi 7 mai 2026, la localité de Biakato, chef-lieu de la chefferie de Babila Babombi, en territoire de Mambasa.
Selon des sources locales, l’assaut a été lancé aux environs de 11h30 au niveau du Bloc Lalia. Les assaillants auraient pris pour cible les civils et plusieurs biens de la population.
Le bilan provisoire communiqué par des témoins fait état d’au moins 11 civils tués et deux autres blessés par balles. Une maison ainsi qu’une moto ont également été incendiées. Les rebelles auraient, par ailleurs, pillé une boutique avant d’y mettre le feu et emporté plusieurs chèvres.
D’autres sources de la société civile avancent toutefois un bilan plus lourd. Le coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) de Mambasa, Jospin wa Jorkim, évoque provisoirement 14 morts.
Sur place, la psychose demeure vive. Plusieurs habitants se trouvaient encore dans la zone au moment de l’attaque, compliquant l’évaluation exacte des dégâts humains et matériels. La récupération des corps reste également difficile en raison de la présence persistante des assaillants dans les environs.
« Des jeunes qui tentaient de fouiller le périmètre se sont heurtés à l’ennemi qui était bien assis dans un palmerin », rapportent des témoins locaux.
Cette nouvelle incursion intervient quelques jours seulement après d’autres actes de violence signalés dans la même région. Mercredi dernier, deux personnes avaient été tuées dans le secteur de Central, tandis que plusieurs cultivateurs avaient été enlevés par des hommes armés, selon des sources locales.
Face à cette recrudescence de l’insécurité, des voix s’élèvent pour dénoncer l’absence de réaction des forces de sécurité. Des défenseurs des droits humains accusent les autorités compétentes de n’avoir pris aucune disposition préventive malgré les multiples alertes lancées ces derniers jours.
De 11h30 à 14h00, soit pendant près de trois heures d’attaque, aucune intervention militaire n’aurait été observée sur le terrain, dénoncent plusieurs acteurs de la société civile.
L’Association pour la Promotion et la Défense des Droits des Personnes vulnérables (APDEF/Mambasa) estime que les Forces armées de la RDC (FARDC) avaient pourtant le devoir d’anticiper cette attaque après les récents massacres enregistrés dans la zone.
Son coordonnateur territorial, Ram’s Malikidogo, s’est montré particulièrement critique face à cette situation.
« Au-delà de l’incompétence, il y a la complicité », a-t-il déclaré, déplorant ce qu’il qualifie d’abandon des populations civiles face à des rebelles qui « circulent librement et tuent en plein jour ».
L’APDEF/Mambasa appelle les FARDC à lancer sans délai des opérations militaires afin de déloger les ADF et sécuriser la chefferie de Babila Babombi.
Pendant ce temps, la population locale reste plongée dans la peur, alors que la menace rebelle demeure présente dans plusieurs villages du territoire de Mambasa.
Jospin Wa Jorkim


