Ituri : 513 cas suspects d’Ebola, 30 cas confirmés, la DPS tire la sonnette d’alarme

Ituri : 513 cas suspects d’Ebola, 30 cas confirmés, la DPS tire la sonnette d’alarme
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La recrudescence de l’épidémie d’Ebola en province de l’Ituri inquiète les autorités sanitaires. Dans son bulletin épidémiologique publié lundi 18 mai, la Division Provinciale de la Santé (DPS) de l’Ituri a recensé 513 cas suspects, dont 30 déjà confirmés positifs au virus Ebola après analyses en laboratoire. Une situation qui témoigne d’une circulation active du virus et d’une intensification des opérations de riposte sur le terrain.

Déjà éprouvée par la dixième épidémie survenue entre 2018 et 2020, la province se retrouve une nouvelle fois confrontée à cette maladie hautement contagieuse et mortelle.

Selon le rapport de la DPS, les 483 autres cas suspects restent sous investigation. Par mesure de précaution, toutes ces personnes sont prises en charge comme des cas positifs en attendant les résultats des examens biologiques destinés à confirmer ou écarter l’infection.

Les autorités sanitaires signalent également 131 décès suspects enregistrés dans plusieurs zones touchées. Ces décès concernent des personnes ayant présenté des symptômes compatibles avec Ebola, notamment la fièvre, les vomissements, les diarrhées ou les saignements. Les analyses de laboratoire devront toutefois déterminer si ces décès sont effectivement liés au virus.

« La différence entre cas suspects et cas confirmés est importante », rappelle la DPS, soulignant qu’un cas suspect est systématiquement traité comme potentiellement positif afin de limiter toute propagation communautaire.

La surveillance des contacts constitue désormais l’un des principaux axes de la riposte. Au total, 541 personnes ayant été en contact avec des cas suspects ou confirmés sont actuellement suivies quotidiennement pendant 21 jours, correspondant à la période maximale d’incubation du virus.

Les équipes sanitaires surveillent attentivement l’apparition de symptômes tels que la fièvre, les vomissements ou les saignements afin de permettre une prise en charge rapide et d’interrompre les chaînes de transmission.

Face à cette situation préoccupante, la DPS Ituri appelle la population à la vigilance et à la collaboration. Elle recommande de signaler immédiatement tout symptôme suspect aux structures sanitaires les plus proches et insiste sur le respect strict des mesures barrières, notamment le lavage régulier des mains, l’évitement des contacts physiques et l’interdiction de manipuler les corps des personnes décédées sans l’intervention des équipes spécialisées.

Les autorités sanitaires encouragent également les communautés à accepter le suivi des contacts et à coopérer avec les équipes de surveillance déployées sur le terrain.

La riposte est menée avec l’appui du Ministère de la Santé, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ainsi que de plusieurs partenaires techniques et financiers.

Cette nouvelle flambée intervient alors que le Nord-Kivu voisin a également enregistré plusieurs cas confirmés d’Ebola, dont un à Goma, renforçant les inquiétudes autour de l’axe Bunia-Goma considéré comme particulièrement exposé au risque de propagation.

Pour les autorités sanitaires, l’enjeu est désormais d’éviter une extension de l’épidémie semblable à celle de 2018, qui avait causé des centaines de morts dans l’Est de la RDC.

La DPS promet de publier régulièrement l’évolution de la situation épidémiologique. En attendant, elle rappelle qu’« chaque jour compte » dans la lutte contre Ebola et que chaque cas détecté à temps peut contribuer à sauver des vies.

Jospin wa Jorkim

Rédaction

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