Élections de 2028 : au séminaire du CRONGD et de la KAS, la majorité défend le changement constitutionnel, l’opposition réclame un dialogue inclusif et élections crédibles

Élections de 2028 : au séminaire du CRONGD et de la KAS, la majorité défend le changement constitutionnel, l’opposition réclame un dialogue inclusif et élections crédibles
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Le Conseil Régional des Organisations Non Gouvernementales de Développement CRONGD Kasaï oriental, en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer Stiftung KAS, a organisé mardi 19 mai à Mbujimayi un atelier de réflexion consacré aux enjeux, défis et perspectives des élections de 2028 en République démocratique du Congo.

Réunis dans la salle polyvalente Polycarpe Mpoyi Ngongo, une cinquantaine de participants issus des institutions publiques, des partis politiques de la majorité et de l’opposition ainsi que de la société civile ont échangé autour des conditions nécessaires pour garantir des élections crédibles et apaisées en 2028.

Placées sous le thème : « Enjeux, défis et perspectives des élections de 2028 en République démocratique du Congo », ces assises visent à tirer les leçons des précédents cycles électoraux marqués, selon les intervenants, par des contestations, des crises politiques et des prolongations de mandats.

Photo de famille des participants au séminaire-atelier

Selon le représentant de la fondation KAS, le professeur Félicien Kabamba, cet atelier constitue un cadre d’écoute mutuelle et d’échanges destiné à rapprocher les positions des différentes parties prenantes afin de prévenir de nouvelles tensions électorales.

« Ces deux journées de réflexion sont organisées au regard des conséquences des élections passées afin d’envisager des solutions susceptibles de favoriser des élections apaisées et crédibles en 2028 », a-t-il expliqué.

Pour cette première journée, quatre principales thématiques ont été développées, notamment le bilan des cycles électoraux de 2006 à 2023, les préparatifs des partis de la majorité et de l’opposition pour les élections de 2028, ainsi que la question de la crédibilité, de la transparence et de la confiance électorale.

Intervenant sur le bilan des précédents scrutins, Me Sylvain Mfunyi Kananga, chargé des questions juridiques au secrétariat exécutif provincial de la CENI Kasaï oriental, a passé en revue les acquis enregistrés depuis 2006. Il a notamment cité l’existence d’un cadre légal, la régularité des élections, la liberté de participation, l’inclusivité du processus ainsi que l’alternance pacifique observée en 2018.

Toutefois, il a également relevé plusieurs insuffisances, parmi lesquelles l’absence d’un recensement général de la population, les difficultés logistiques persistantes, le non-respect de certains rendez-vous électoraux ainsi que les tensions politiques ayant affecté l’inclusivité du processus.

Face à ces défis, Me Sylvain Mfunyi a recommandé le respect strict des textes légaux et une plus grande appropriation du processus électoral par le peuple congolais.

Photo archive, Professeur Lazare Tshipinda Kasonga Shambuyi, orateur

Abordant les préparatifs de la majorité politique pour les échéances de 2028, le professeur Lazare Tshipinda a assuré que les regroupements politiques proches du pouvoir poursuivent leurs préparatifs malgré les incertitudes sur la tenue des scrutins en 2028. Une attitude causée par les débats actuels autour d’un éventuel changement de la Constitution.

Selon lui, les signes de cette préparation se manifestent notamment par la création de nouvelles plateformes politiques, les rapprochements entre leaders et les activités de mobilisation des militants.

Théo Mbuyi, fédéral de UDA et orateur

Du côté de l’opposition, Théo Mbuyi, fédéral du parti UDA, a dénoncé un climat politique qu’il juge défavorable à une compétition électorale équitable. Il a évoqué les arrestations arbitraires, les violences politiques et la marginalisation de l’opposition dans les médias publics.

« L’opposition en RDC est criminalisée. Une opinion contraire à celle du pouvoir est immédiatement assimilée à une rébellion », a-t-il déclaré, plaidant pour un dialogue national inclusif afin de préparer des élections crédibles et apaisées.

Cet opposant a également appelé le pouvoir en place au respect de la Constitution de 2006, à la libéralisation de l’espace politique et au retour des opposants contraints à l’exil.

Une position aussitôt contestée par le professeur Lazare Tshipinda, favorable à une révision constitutionnelle avant les élections de 2028. Selon lui, les défis sécuritaires actuels, notamment dans l’Est du pays, imposent d’abord le rétablissement total de l’autorité de l’État avant l’organisation des prochaines élections.

Esther Ndalafina, oratrice (société civile)

Prenant la parole au nom de la société civile, Esther Ndalafina a salué certaines avancées enregistrées par la CENI, notamment l’organisation du vote des Congolais de la diaspora. Elle a cependant insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes électorales afin de renforcer la transparence et la confiance dans le processus.

Elle a appelé le gouvernement à mettre à la disposition de la CENI les moyens nécessaires pour organiser des élections régulières, transparentes et inclusives, tout en exhortant les différentes parties prenantes à assumer pleinement leurs responsabilités pour éviter de nouvelles crises électorales en RDC.

Ces réflexions se poursuivront jusqu’au mercredi 20 mai avec des travaux en groupes axés sur l’élaboration de recommandations. Les conclusions issues de ces assises serviront de base aux plaidoyers qui seront adressés aux différentes institutions concernées en vue de contribuer à l’organisation d’élections crédibles, inclusives et apaisées en 2028.

De la gauche à droite, Me Sylvain Mfunyi (CENI k.or), Professeur Lazare Tshipinda (majorité), Théo Mbuyi (opposition), Esther Ndalafina ( société civile)

Enock MUTEBA MAZELA

Rédaction

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