Fêtes de fin d’année à Tshikapa : les ventes en chute face à la précarité des ménages
A quelques jours de la célébration de Noël et du Nouvel An, l’ambiance festive peine à s’installer dans la ville de Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï. Dans de nombreux foyers, les préparatifs des fêtes de fin d’année restent timides, freinés par la précarité financière qui touche une large frange de la population.
Interrogés par la rédaction de Coulisses.net, plusieurs chefs de ménage confient être davantage préoccupés par la satisfaction des besoins essentiels de leurs familles que par l’organisation de festivités jugées coûteuses.
« Nous ne pouvons pas dépenser plus que ce que nous possédons. Les enfants comprennent la réalité et ils attendent des jours meilleurs pour fêter Noël comme il se doit », témoigne un parent rencontré dans la commune de Kanzala.
Malgré ce contexte économique difficile, une partie de la population tente tout de même de préserver l’esprit des fêtes, au prix de lourds sacrifices. Au marché Kamalenge, une mère de famille explique avoir consenti d’importants efforts pour offrir un minimum de joie à ses enfants.
« Nous avons déjà acheté des habits neufs pour les enfants ainsi que du riz et quelques vivres frais. Nous avons serré la ceinture pour leur permettre de passer une belle fête de Noël. C’est le même effort que nous faisons aussi pour préparer la rentrée scolaire », confie-t-elle.
Pour d’autres parents, la situation actuelle est source de frustration et de découragement. Certains n’hésitent pas à exprimer leur désarroi face à une conjoncture économique qu’ils jugent de plus en plus alarmante.
« Je suis presque un chômeur et j’ai toute une charge familiale derrière moi. Les enfants me regardent le soir et me demandent ce que nous allons manger pendant que les voisins se préparent. Je me pose beaucoup de questions. Est-ce que ce pays est fait pour certains et pas pour d’autres ? Franchement, ça va mal », s’indigne un père de famille ayant requis l’anonymat.
Cette morosité se fait également sentir dans les marchés. Dans la commune de Dibumba, au marché dit de la Réconciliation, plusieurs vendeurs affirment ne pas réaliser les bénéfices habituels de cette période traditionnellement marquée par une forte affluence.
« Les clients se font rares et les achats sont très limités », constate un commerçant.
À Tshikapa, les fêtes de fin d’année s’annoncent ainsi sous le signe de la sobriété, reflétant les difficultés économiques persistantes auxquelles fait face la population locale.
Martin Nyamabu


