Travaux publics à l’arrêt au Kasaï : la société civile dénonce les retards de JMC et TOHA et exige une réaction urgente des autorités
Joël Minga, cadre de la société civile du Kasaï et militant du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA/Tshikapa), a tiré la sonnette d’alarme samedi 21 novembre au sujet de ce qu’il qualifie de « dérives inquiétantes » dans l’exécution des travaux publics confiés aux entreprises TOHA et JMC dans la province du Kasaï. Dans une déclaration rendue publique, il s’interroge sur les retards accumulés et dénonce des pratiques qu’il juge irrégulières.
Selon lui, le projet de construction de la route Tshikapa–Kamako, lancé le 13 février 2024 par l’ancien ministre des Infrastructures, Alexis Gisaro, et attribué à l’entreprise TOHA pour un délai de 30 mois, n’a connu aucune avancée notable. Malgré un budget estimé à plus de 208 millions USD, les travaux seraient quasiment à l’arrêt : aucune machine de l’entreprise ne serait visible sur le terrain et plusieurs prestataires affirment n’avoir pas été payés depuis plusieurs mois.
Joël Minga accuse également TOHA d’avoir installé deux postes de péage à Kandjanji et Shamusanda, où des frais seraient perçus auprès des transporteurs, des conducteurs de véhicules particuliers et des motocyclistes. Il dénonce en outre l’obligation faite aux opérateurs économiques de déclarer auprès de la société tous les produits importés de l’Angola, une procédure qu’il juge contraire au cadre légal en vigueur.
S’agissant des travaux urbains confiés à JMC à Tshikapa, le militant relève que, malgré une première phase marquée par la démolition des constructions anarchiques, les avenues Filaire, Likasi, de la Carrière et Kabangu se trouvent aujourd’hui dans un état de dégradation avancée. Les chantiers seraient à l’arrêt depuis plusieurs mois, laissant la ville dans une situation préoccupante.
Face à ces constats, Joël Minga appelle les élus provinciaux et nationaux, les forces vives ainsi que le gouvernement à se saisir de toute urgence de ce dossier. Il estime que la population du Kasaï ne peut plus supporter les conséquences de ce qu’il considère comme une mauvaise gestion des projets d’infrastructures. Il demande des mesures fermes pour clarifier la situation, identifier les responsabilités et relancer les travaux.
Pour lui, la dignité et l’avenir de la province ne doivent plus être compromis par les irrégularités observées. Il plaide pour une réaction rapide des autorités afin de restaurer la confiance de la population dans la gestion des projets publics.
Martin Nyamabu


