Sud-Kivu : le retour des barrières illégales sur l’axe Bukavu-Uvira indigne les voyageurs

Sud-Kivu : le retour des barrières illégales sur l’axe Bukavu-Uvira indigne les voyageurs
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Quelques semaines seulement après la réouverture du tronçon Bukavu-Uvira sur la Route nationale n°5 (RN5), les voyageurs dénoncent la réapparition de barrières illégales le long de cet axe stratégique reliant la ville de Bukavu à plusieurs zones sous contrôle des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de certains groupes Wazalendo.

Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des usagers, des paiements non officiels sont exigés à différents points de contrôle. Les montants réclamés varieraient entre 1 500 et 5 000 francs congolais par passage. Certains voyageurs affirment avoir déboursé jusqu’à 23 000 FC au cours d’un seul trajet, une situation qui alourdit considérablement le coût des déplacements dans une région déjà confrontée à de nombreux défis sécuritaires et économiques.

Les personnes interrogées indiquent également que ces barrières sont mobiles. Leur emplacement ainsi que les montants exigés changeraient régulièrement, rendant difficile toute tentative de suivi ou de contrôle par les autorités compétentes.

Face à cette situation, la colère et l’indignation gagnent les usagers de la route, qui assimilent ces pratiques à une forme de racket. Plusieurs voyageurs estiment que ces perceptions illicites portent atteinte à l’image des forces censées assurer la sécurité des populations et la libre circulation des personnes et des biens.

« Il est particulièrement regrettable de constater que certaines personnes chargées de garantir la sécurité se livrent à des pratiques qui rappellent celles des groupes armés », ont confié plusieurs usagers rencontrés sur cet axe.

Réagissant à ces dénonciations, le mouvement citoyen Machozi ya Raïya a rappelé que les barrières routières doivent être exclusivement destinées aux contrôles sécuritaires et ne peuvent en aucun cas servir de points de perception illégale. L’organisation appelle les autorités civiles et militaires à prendre des mesures urgentes afin de mettre un terme à ces pratiques.

Le mouvement citoyen plaide également pour un renforcement de la surveillance sur la RN5 afin de garantir le respect de la liberté de circulation et de restaurer la confiance de la population envers les institutions chargées de sa protection.

La persistance de ces barrières illégales sur l’axe Bukavu-Uvira intervient dans un contexte où les populations locales espéraient que la réouverture de cette route favoriserait la reprise des activités économiques et le rapprochement des communautés. Pour de nombreux observateurs, l’éradication de ces pratiques demeure une condition essentielle pour consolider la stabilité et faciliter les échanges dans cette partie du Sud-Kivu.

Rédaction

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