Sud-Kivu : après le retrait de l’AFC/M23 entre Sange et Katogota, la plaine de la Ruzizi amorce une reprise socio-économique
La situation socio-économique commence progressivement à se redresser dans plusieurs localités de la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu, après le retrait des éléments de l’AFC/M23 entre Sange et Katogota. C’est ce que révèle une enquête micro-sociologique menée par le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA auprès des habitants et acteurs économiques de la région.
Selon cette étude, les populations de Luvungi, Sange et Katogota observent un retour timide mais réel des activités commerciales et de la circulation monétaire, après plusieurs mois marqués par l’occupation rebelle, l’insécurité et la paralysie des échanges économiques.
Durant cette période, de nombreux habitants avaient fui les affrontements vers Uvira, le Burundi ainsi que d’autres zones jugées plus sûres, provoquant une baisse considérable de la clientèle dans les marchés et petits commerces. À Luvungi, une commerçante explique que les produits locaux se vendaient difficilement, entraînant une forte diminution des revenus des ménages vivant du petit commerce.
À Sange, des commerçants témoignent également d’une activité économique quasiment à l’arrêt. Bien que certaines boutiques restaient ouvertes, les ventes étaient très faibles, limitant fortement les capacités financières des familles. Le secteur agricole a lui aussi été durement affecté. Plusieurs cultivateurs affirment avoir perdu des équipements essentiels, notamment des tracteurs et du matériel de production, certains ayant été endommagés ou emportés hors du pays.
Sur le plan social, les habitants décrivent une période marquée par la peur, les intimidations et un climat d’insécurité généralisée. Un jeune motard de Luvungi évoque notamment des incidents survenus lors des travaux communautaires, tandis que d’autres sources locales parlent de restrictions ayant perturbé la vie quotidienne des populations.
Depuis le retrait progressif des rebelles de l’AFC/M23 et le retour des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les combattants Wazalendo et les autorités locales, plusieurs acteurs économiques constatent toutefois une amélioration relative de la situation.
Les marchés, restaurants et petits commerces recommencent progressivement à fonctionner. À Sange, un restaurateur affirme que la présence des forces de sécurité et des agents de passage contribue à relancer les échanges commerciaux et la circulation de l’argent dans la région. Une vendeuse de légumes confirme également un retour progressif de la clientèle, même si les activités restent encore loin des niveaux enregistrés avant la crise.
Malgré cette reprise encourageante, les séquelles psychologiques demeurent importantes au sein de la population. Plusieurs habitants interrogés affirment ne plus vouloir revivre une telle période et appellent les autorités à garantir durablement la sécurité dans la plaine de la Ruzizi.
Des responsables communautaires insistent également sur la nécessité de prévenir tout retour de l’insécurité afin de consolider les acquis observés ces dernières semaines.
Face à cette situation, le mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA exhorte les autorités congolaises à renforcer les dispositifs de protection des civils et à mettre en œuvre des mécanismes de relance économique et agricole en faveur des populations affectées par le conflit.
L’organisation sollicite par ailleurs l’appui des partenaires nationaux et internationaux afin d’accompagner les efforts de reconstruction et de stabilisation socio-économique dans la plaine de la Ruzizi.
Rédaction


