Situation sécuritaire à Mambasa : le député Deogratias Kalyomo interpelle l’Assemblée nationale et sollicite une audience urgente avec le Chef de l’État
La situation sécuritaire préoccupante dans le territoire de Mambasa, en Ituri, continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique congolaise. Dans une correspondance officielle adressée lundi 6 avril au président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, le député national Deogratias Kakule Kalyomo tire la sonnette d’alarme face à ce qu’il qualifie d’« indifférence » des autorités face à la détérioration sécuritaire dans cette partie du pays.
Dans sa lettre, l’élu de Bunia décrit une situation dramatique, marquée par des violences récurrentes attribuées aux rebelles des Allied Democratic Forces (ADF). Il évoque notamment le massacre de plus de 50 civils survenu le 2 avril à Bafwakoa, suivi, le 6 avril, d’une incursion armée à Mambasa-Centre. Selon lui, les assaillants ont opéré à seulement deux kilomètres du centre de la cité, semant la panique, pillant des habitations et terrorisant les populations civiles.
« Le territoire de Mambasa se meurt dans l’indifférence », déplore le député en préambule de sa correspondance.

Un gouvernement pointé du doigt
Au-delà de la dénonciation des attaques, Deogratias Kakule Kalyomo critique vivement l’attitude de certains membres du gouvernement qu’il accuse de « mutisme » et de « mépris » vis-à-vis des élus nationaux. Il affirme que des députés venus proposer des pistes de solution au ministère de la Défense auraient été « éconduits avec dédain ».
Pour le parlementaire, cette posture compromet les efforts de riposte face à l’insécurité grandissante : « Ce blocage institutionnel paralyse toute réponse efficace et fragilise l’autorité de l’État », soutient-il, dénonçant une « désacralisation de la vie humaine ».
Plaidoyer pour une intervention présidentielle
Face à « l’extrême gravité de l’heure », le député appelle à une implication directe du Chef de l’État, Félix Tshisekedi. Il demande au président de l’Assemblée nationale de faciliter une audience urgente entre le Président de la République et le caucus des députés des provinces du Bas-Uélé, Haut-Uélé, Ituri et de la Tshopo.
L’objectif de cette démarche est, selon lui, de créer une synergie au plus haut sommet de l’État afin de définir des réponses concrètes et immédiates à la crise sécuritaire.
« Le contrôle parlementaire ne doit plus être entravé ; le sang de nos compatriotes exige une action immédiate », insiste-t-il.
Jospin wa Jorkim


