Réforme constitutionnelle et dialogue inclusif : Freddy Tshibuabua de l’UCR affiche son soutien et rejette toute participation des groupes armés
Le coordonnateur national du parti politique Unité Congolaise pour la République (UCR), Freddy Tshibuabua, s’est prononcé sur deux des principaux sujets qui dominent actuellement le débat politique en République démocratique du Congo : la réforme de la Constitution et le dialogue inclusif annoncé par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Lors d’une conférence de presse tenue samedi 1er août à l’hôtel Gloria, à Mbujimayi, le responsable de cette formation politique, membre de l’Union sacrée de la Nation, a exprimé son soutien à une réforme constitutionnelle qu’il juge indispensable pour répondre aux défis institutionnels, économiques et géopolitiques auxquels le pays est confronté.
Selon Freddy Tshibuabua, la Constitution du 18 février 2006 présente aujourd’hui plusieurs limites. Il estime qu’elle restreint certaines prérogatives du chef de l’État dans des situations nécessitant des décisions urgentes, favorise le maintien d’institutions qu’il qualifie de budgétivores et ne répond plus aux ambitions de développement de la République démocratique du Congo.
À l’en croire, le contexte dans lequel cette Constitution a été élaborée ne correspond plus aux réalités actuelles du pays.
« Il y a des choses qui ne peuvent arriver que grâce à la révision de la Constitution. Cela ne signifie pas que la stabilité des institutions dépend uniquement de la Constitution, mais elle est également liée à la situation économique. Les enjeux géopolitiques et mondiaux nous obligent à doter notre pays d’un nouveau cadre juridique. L’actuelle Constitution limite certaines prérogatives du chef de l’État, favorise la création d’institutions budgétivores et protège les anciens dirigeants. Nous devons disposer d’une Constitution qui permette aux Congolais de rêver grand. La réforme constitutionnelle est aujourd’hui une nécessité si nous voulons faire de notre pays une puissance tournée vers le développement », a-t-il déclaré.
Le coordonnateur national de l’UCR a également indiqué attendre la promulgation de la loi référendaire afin de permettre au peuple congolais de se prononcer sur cette réforme, conformément aux dispositions de l’article 5 de la Constitution.
Un dialogue politique, mais sans les groupes armés
S’exprimant sur le dialogue inclusif annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi, Freddy Tshibuabua a réaffirmé la disponibilité de son parti à participer à ce processus. Toutefois, il a clairement marqué son opposition à toute implication des groupes armés.
Pour le responsable de l’UCR, intégrer les mouvements rebelles aux discussions reviendrait à récompenser la violence et à légitimer des acteurs qu’il accuse de servir des intérêts étrangers.
« Le chef de l’État souhaite qu’il ait un dialogue qui va se faire au Congo. C’est un dialogue inclusif. Cette inclusivité veut dire qu’il faut placer aussi les rebelles autour d’une table. Mais pour l’union sacrée, faire la prime à la délinquance c’est inviter le Rwanda à la table de négociation. Tous ceux qui ont pris les armes ce n’est pas par conviction, ils veulent congoliser un conflit Rwandais sur le sol congolais et lui apporter un visage congolais. Les inviter c’est trahir la mémoire des Martyrs de l’indépendance et de peuples congolais qui périssent chaque jour dans l’est du pays » a-t-il déclaré tout en plaidant pour un dialogue exclusivement réservé aux acteurs politiques et sociaux engagés dans la défense des intérêts de la République démocratique du Congo.

Enock MUTEBA MAZELA


