Sud-Kivu : face au retrait des ONG, MSF devient le principal secours à Fizi avec 19 000 cas de paludisme et 652 de choléra pris en charge

Sud-Kivu : face au retrait des ONG, MSF devient le principal secours à Fizi avec 19 000 cas de paludisme et 652 de choléra pris en charge
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Face à l’augmentation des besoins humanitaires dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu), Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé deux opérations d’urgence afin de répondre à la recrudescence du paludisme et du choléra. Cette intervention intervient alors que plusieurs organisations ont réduit ou suspendu leurs activités dans la zone, laissant les populations déplacées dans une situation de grande vulnérabilité.

Entre août et novembre, les équipes de MSF basées à Baraka et dans le village de Lweba ont pris en charge près de 19 000 cas de paludisme et traité 652 patients atteints de choléra en seulement huit semaines.

Une situation aggravée par les intempéries et les déplacements de population

La saison des pluies favorise la multiplication des moustiques, alimentant la flambée du paludisme. Les familles déplacées, souvent contraintes de fuir les combats et privées d’accès à leurs champs, manquent de moyens de prévention et se retrouvent exposées à des conditions sanitaires précaires.

Afin d’améliorer l’accès aux soins, MSF a déjà mis en place cinq Points paludisme et prévoit d’en déployer cinq autres dans les jours à venir. Toutefois, les équipes se heurtent à de nombreux obstacles logistiques : routes impraticables, insécurité persistante et nécessité d’acheminer les médicaments via des détours passant par le Rwanda, la Tanzanie ou le Burundi.

Le choléra, conséquence d’un accès limité à l’eau potable

La région fait également face à une épidémie de choléra, exacerbée par un manque chronique d’investissements dans l’eau et l’assainissement. De nombreuses familles continuent de s’approvisionner dans les rivières et le lac, augmentant fortement les risques de contamination.

Pour contenir l’épidémie, MSF a implanté 31 points de chloration, intensifié les activités de sensibilisation aux gestes d’hygiène et réhabilité 13 pompes manuelles. Ces efforts ont permis de faire chuter le nombre de cas de 55 % en huit semaines, une amélioration notable mais fragile.

Un accès aux soins toujours difficile

Maria Santo, responsable médicale du projet, alerte sur les défis persistants pour atteindre les populations touchées.

« Les patients arrivent souvent dans un état grave après de longs trajets et de nombreux obstacles sur les routes et aux checkpoints », explique-t-elle, soulignant la nécessité d’un renforcement durable des infrastructures de santé et de la continuité des interventions humanitaires.

Malgré les avancées enregistrées, MSF rappelle que la réponse aux épidémies ne pourra être pleinement efficace sans un engagement continu des autorités et des partenaires pour améliorer durablement l’accès à l’eau, à l’hygiène et à des soins de santé de qualité.

Pascal Mushiarhamina, depuis Bukavu

Rédaction

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