RDC : Carine Kalenga durcit le ton contre la participation des groupes armés au dialogue national

RDC : Carine Kalenga durcit le ton contre la participation des groupes armés au dialogue national
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Alors que le débat s’intensifie autour du futur dialogue national en République démocratique du Congo, la présidente nationale de la Dynamique des femmes pour le Congo nouveau (DF-CN) s’oppose à toute participation des groupes armés sans dépôt préalable des armes et passage par la justice.

Dans une prise de position ferme, elle a estimé qu’on ne peut pas placer sur le même pied les victimes et ceux qu’elle présente comme leurs bourreaux.

« On ne peut pas être à la fois juge et partie, bourreau et victime », a déclaré Carine Kalenga.

Pour elle, ceux qui ont choisi la lutte armée ont déjà opté pour leur mode de confrontation.

« Ceux qui ont pris les armes ont déjà choisi leur mode de dialogue : les balles », soutient-elle, en évoquant les violences, les déplacements de populations et les exactions dans l’Est du pays.

Son exigence est claire : « S’ils veulent le dialogue, qu’ils déposent d’abord les armes. »

Elle refuse ainsi que le dialogue national puisse, selon elle, devenir un espace où la prise d’armes ouvre la voie à une reconnaissance politique.

Cette question s’inscrit dans un débat plus large. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a récemment déclaré que le dialogue ne devait pas servir à « légitimer la violence » ni à « récompenser ceux qui prennent les armes contre la République ».

Carine Kalenga met également en avant la question de la justice.

« Si tu fais asseoir à la même table la victime et son bourreau sans justice, tu n’as pas un dialogue, tu as une prime à l’impunité », martèle-t-elle.

Pour elle, intégrer directement les acteurs armés dans un processus politique sans préalable judiciaire risquerait de créer un précédent dans lequel la violence deviendrait un moyen d’accéder à la négociation et, éventuellement, aux responsabilités publiques.

Elle interpelle ainsi la société congolaise :

« Prends une arme, tue, et tu auras une place au dialogue et un poste ministériel ? Non. »

Une position qui rejoint celle d’autres acteurs politiques qui soutiennent le dialogue tout en rejetant l’idée d’une récompense politique de la violence armée. « Le vrai problème du Congo est à résoudre entre nous »

Pour Carine Kalenga, le dialogue national devrait d’abord réunir les forces politiques et sociales non armées. Elle cite notamment les politiciens et le peuple, la majorité et l’opposition non armée, la société civile, les églises, les femmes et les jeunes.

« Le vrai problème du Congo n’est pas à résoudre avec les groupes armés, il est à résoudre entre nous », soutient-elle.

Carine Kalenga ne rejette donc pas le principe du dialogue. Elle affirme au contraire soutenir le dialogue et l’alternance, mais refuse que les armes deviennent un moyen de pression politique.

Son message tient en une formule :

« Oui au dialogue. Oui à l’alternance. Mais non au chantage des armes. »

Elle appelle les groupes armés à déposer les armes, à passer par la justice et la vérité, avant de retrouver, selon elle, leur place dans la société comme citoyens.

« On ne construit pas la paix avec ceux qui vivent de la guerre », conclut Carine Kalenga.

Carine Kalenga, Présidente de la DF-CN

Rédaction

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