Kinshasa : Le gouvernement lance un plan d’urgence pour sauver l’UNIKIN menacée par l’érosion
L’Université de Kinshasa (UNIKIN), surnommée la « Colline inspirée », est au cœur d’une crise environnementale majeure. De vastes têtes d’érosion, aggravées par des années de constructions anarchiques, menacent désormais le Plateau des Professeurs, mettant en péril les infrastructures, les résidences universitaires et surtout la sécurité des occupants.
Sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, un plan d’urgence et de modernisation a été lancé jeudi 20 novembre pour contrer l’avancée de l’érosion. Les ministres John BANZA Lunda, en charge des Infrastructures, et Marie Thérèse Sombo, ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), ont donné le coup d’envoi officiel des travaux. Ces interventions seront exécutées par l’entreprise Poly Changda, sous la supervision de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT).
Selon les autorités, ce programme s’étendra sur six mois et comprendra plusieurs actions prioritaires :
l’évacuation immédiate des professeurs vivant dans les zones à risque critique ;
la sécurisation et la stabilisation des têtes d’érosion les plus actives ;
la réhabilitation complète du système de drainage des eaux pluviales ;
l’asphaltage d’environ 3 km de la ceinture routière interne de l’UNIKIN.
Les ministres ont pointé du doigt les constructions sauvages et illégales autour du campus comme principale cause de l’aggravation du phénomène. Ces ouvrages perturbent le ruissellement naturel des eaux, saturent le sous-sol et favorisent la formation d’érosions profondes.
Pour éviter que la situation ne se répète, le gouvernement a annoncé la création d’un comité interministériel de contrôle et de suivi. Celui-ci aura pour mandat d’identifier, statuer et recommander la démolition de toutes les structures érigées illégalement sur les zones sensibles, afin de rétablir les voies naturelles d’écoulement des eaux et de garantir la stabilité du site.
À travers ce plan, l’exécutif vise un double objectif : préserver durablement cette institution académique d’élite et assurer la sécurité des habitants du Plateau des Professeurs. Un enjeu crucial pour l’avenir de l’enseignement supérieur en République démocratique du Congo.

Antoine BANZA


