Kasaï oriental : Forums de quartiers organisés par l’OIM, les femmes souhaitent la fin de l’insécurité dans leurs entités

Kasaï oriental : Forums de quartiers organisés par l’OIM, les femmes souhaitent la fin de l’insécurité dans leurs entités
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Les femmes, issues de treize quartiers de la commune de Dibindi, ont participé ce vendredi 26 février à l’église Pax Dei située au quartier Minkoka, au forum de quartiers initié par l’Organisation internationale de migration (OIM). Axée sur la gouvernance sécuritaire, cette activité a eu pour objectif d’instaurer un climat de confiance entre ces femmes et la police.


C’était aussi l’occasion, pour elles, de faire savoir les problèmes sécuritaires qu’elles rencontrent au quotidien, démontrer comment ces problèmes enfreignent leurs droits et proposer des pistes de solution.

« La semaine passée, on a arraché l’argent à une femme par un inconnu. Vers six heures du matin, elle se retrouvait seule sur l’avenue, alors qu’elle allait acheter sa marchandise. Le malfrat a même pris son bidon, menaçant de la violer, si elle essayait de crier », explique cette participante au forum de quartiers.

Ce témoignage a été partagé par les autres femmes dans les discussions. Pour elles, la prostitution qui est pratiquée dans les quartiers où elles vivent favorise parfois l’insécurité. Comme c’est le cas du quartier Minkoka, aussi appelé quartier Latin, hébergeant beaucoup de jeunes désœuvrés à la base de l’insécurité.

« La première chose que nous avons dénoncée, c’est le fait qu’il y ait certains garçons qui malmènent les femmes et leur arrachent certains biens. On leur arrache l’argent et même les nourritures. Souvent, elles sont menacées dans les quartiers où elles vivent. Ces garçons frappent et violent les femmes. Nous déplorons tout ceci. Nous voulons que l’Etat prenne ses responsabilités », indique-t-elle, proposant que les femmes soient encadrées afin qu’elles influencent positivement toute la société.

Ngoya Mwemba Celine, une autre participante, souhaite, quant à elle, que l’Etat prenne ses responsabilités face à la montée de l’insécurité dans leurs entités.

« Je souhaite que les responsables du projet police de proximité puissent réunir les femmes afin de pouvoir changer leurs mentalités. Si cela est fait, les femmes sauront jouer leurs responsabilités. Parce que moi qui suis parmi les femmes qui encadrent les autres femmes. Je pense que la femme est celle qui peut encadrer l’homme et les enfants. Et si elle a une mauvaise conduite, elle va influencer aussi les enfants. »


Pour sa part, Georgette Ndaya, Bourgmestre de la commune de Dibindi et présidente du Conseil local de sécurité de proximité, a apprécié ces échanges avec les femmes.

« Les femmes se sont quand même exprimées tel que nous voulions l’entendre. Mais il faut dire que le changement est un processus. Il faut des renforcements des capacités pour que les femmes arrivent à comprendre les problèmes sécuritaires qui sont différents des problèmes liés aux violences sexuelles», déclare-t-elle. La Bourgmestre invite également les femmes à dénoncer ceux qui sont à la base de l’insécurité dans leurs quartiers auprès de la police. Pour elle, c’est le contrôle communautaire qui ramènera la paix dans la communauté.

Prenant parole, Me Pierrot Ntumba, assistant chargé de la gouvernance sécuritaire à l’OIM, a expliqué aux participantes le rôle d’un Conseil local pour la sécurité de proximité (CLSP). Cet organe public offre un cadre de concertation entre les acteurs publics et les représentants de la société civile pour la recherche de solutions aux problèmes de sécurité. Il est chargé de collecter des informations sécuritaires émanant des forums de quartiers. Pierrot Ntumba a signalé les différentes réalisations de l’OIM dans la commune de Dibindi.

C’est depuis 2015 que le projet « police de proximité et professionnalisation de la police nationale Congolaise » a été lancé à Mbujimayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental. Ces forums de quartiers, organisés par l’OIM, entrent dans le cadre du programme, financé par les Etats-Unis d’Amérique à travers son Bureau International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL).

Mardi 23 février dernier, les femmes du quartier Dipumba 1 avaient aussi participé au forum pour échanger sur les problèmes sécuritaires. En effet, les rencontres avec les femmes de la commune de Dibindi vont se poursuivre. Un prochain forum est prévu le mardi 02 mars prochain.

Ronsard Luabeya

Rédaction

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