Kasaï oriental : Emmanuel-Bernard Kasanda se démarque de la CENCO, salue les efforts de Tshisekedi et présente les attentes du Grand Kasaï
À la différence de plusieurs prises de position de prélats catholiques, notamment ceux de la CENCO, l’évêque du diocèse de Mbujimayi, Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda, a salué les réalisations du président Félix-Antoine Tshisekedi au cours de ses 7 années à la tête de la République démocratique du Congo, tout en présentant les principales attentes des populations congolaise et du Grand Kasaï en particulier.
Prenant la parole à Mbujimayi, dimanche 30 août lors de la dédicace de la Paroisse Universitaire Notre-Dame de l’Espérance (PUNDE), cérémonie à laquelle le chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi avait pris part, Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda a exprimé sa « sincère reconnaissance » au Chef de l’État pour les efforts consentis en faveur du développement de la RDC et de ses différentes provinces.

Devant une foule nombreuse composée notamment de la population ainsi que plusieurs autorités politicoadministratives du pays, l’évêque diocèsain a notamment cité plusieurs projets d’infrastructures réalisées durant le mandat de Félix Antoine Tshisekedi qu’il a considéré comme des leviers du désenclavement du pays. Parmi eux figurent le corridor de Banana, l’aérogare de Kinshasa, le corridor Kisangani-Beni-Bunia, la route Kananga-Kalamba-Mbuji ainsi que la route nationale numéro 2, destinée à relier notamment Mbujimayi à Bukavu.
« Ces chantiers constituent les leviers de désenclavement pour nos provinces », a souligné le prélat, qui a également salué le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T).
L’électricité, priorité pour le Grand Kasaï

Après avoir reconnu les avancées enregistrées dans plusieurs secteurs, Mgr Kasanda a toutefois appelé le président de la République à porter une attention particulière à la question énergétique dans le Grand Kasaï.
Selon lui, l’insuffisance de l’électricité constitue l’un des principaux obstacles à l’industrialisation, à la transformation agricole, à la création d’emplois et au développement durable de l’espace kasaïen.
« Là où manque l’énergie électrique, les usines peinent à naître, les récoltes attendent d’être transformées, les emplois demeurent des promesses et nos villes avancent dans une marche ralentie vers le progrès », a-t-il fait valoir.
L’évêque Emmanuel Kasanda profité de sa prise de parole pour plaider en faveur d’une énergie « stable, suffisante et accessible », estimant qu’elle est indispensable à la réalisation des grands projets structurants du Grand Kasaï.

Tubi Tubidi, Katende et la relance industrielle
Face aux besoins croissants de Mbujimayi, Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda a évoqué les limites actuelles de la centrale de Tubi Tubidi, dont la production ne permettrait pas, selon lui, de couvrir suffisamment les besoins de la REGIDESO et de l’éclairage public.
Tout en saluant les avancées dans la réalisation du projet de Katende, il a demandé au Chef de l’État de considérer également la construction de la centrale hydroélectrique de Tubi Tubidi, annoncée avec une capacité de 39 mégawatts, comme l’un des piliers du développement énergétique du Grand Kasaï.
Au-delà de l’électricité, Mgr Kasanda a également plaidé pour la concrétisation d’un projet de cimenterie dans le Grand Kasaï. Une telle infrastructure, estime-t-il, permettrait de réduire le coût des matériaux de construction et d’accompagner le développement des infrastructures dans la région.
Il a, par ailleurs, appelé à la relance de la MIBA, entreprise minière considérée comme stratégique pour l’économie du Kasaï-Oriental.
Pour un plan intégral de développement du Grand Kasaï
Pour Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda, les différents secteurs du développement, doivent être pensés de manière complémentaire. À travers cette intervention, l’évêque de Mbujimayi appelle ainsi à la mise en place d’un plan intégral de développement du Grand Kasaï, articulé notamment autour de l’énergie, des infrastructures, de l’agriculture, de l’industrialisation et de la création d’emplois.
« L’électricité alimente l’industrie, les routes offrent les marchés, l’agriculture fournit les matières premières, l’industrie les transforme et l’ensemble crée les emplois et améliore les conditions de vie de nos populations », a-t-il expliqué.

Enock MUTEBA MAZELA


