Kasaï oriental : CRONGD et la KAS engagés pour une meilleure représentation des femmes en politique à l’horizon 2028
Face à la faible représentation des femmes dans les institutions politiques en République démocratique du Congo, en dépit de leur poids démographique et de leur présence active au sein des partis politiques, le Conseil Régional des Organisations Non Gouvernementales de Développement (CRONGD) du Kasaï Oriental, en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer Stiftung (KAS), a lancé mardi 24 mars un séminaire-atelier de réflexion et de renforcement des capacités.
Organisées dans la salle polyvalente Polycarpe Mpoyi Ngongo, ces assises de deux jours réunissent des acteurs de la société civile, des organisations féminines ainsi que des partenaires institutionnels autour d’un objectif commun : analyser les causes de la sous-représentation des femmes et proposer des solutions concrètes pour améliorer leur accès aux instances décisionnelles.
Placée sous le thème « Femmes et élections 2023-2024 : pour quelle place dans les institutions ? », cette rencontre vise à la fois à renforcer les capacités des participants sur les obstacles structurels, sociaux et économiques à l’engagement politique féminin, et à identifier des mécanismes efficaces pour promouvoir une gouvernance plus inclusive.
Un diagnostic préoccupant et des pistes de solutions
Dès la première journée, les échanges ont permis de dresser un état des lieux jugé préoccupant. Selon Gertrude Ndaya et Linda-Bin-Nkunzu Didier, dans les institutions politiques de la RDC les femmes ne représentent que 13 pourcent. Dans son intervention Esther Ndalafina a proposé les leviers pour remédier à cette situation qu’elle a liée, notamment au manque d’encadrement, la dépendance financière et les pesanteurs socioculturelles.
Pour y remédier, plusieurs pistes ont été évoquées, dont :
- l’encadrement structuré des femmes candidates ;
- l’application effective de la loi sur la parité ;
- le renforcement du plaidoyer en faveur de l’égalité ;
- la mise en place de réseaux de mentorat et de solidarité féminine….
La politique n’est pas seulement une affaire des hommes
Intervenant à l’issue des travaux, le chef de programme, le professeur Félicien Kabamba, a insisté sur l’urgence d’agir pour corriger ce déséquilibre.
« Cet atelier , répond à un besoin, un besoin urgent qui est celui, non seulement d’évaluer le niveau de participation de la femme aux élections, mais également dans les institutions politiques sur ces élections, mais c’est aussi l’occasion de réfléchir sur les stratégies que la femme peut mettre en œuvre pour booster sa participation. Aujourd’hui nous avons eu l’occasion de réunir les différents experts pour analyser la participation de femmes dans les institutions issues des élections. Et je dois vous dire que les chiffres qui mettent en exergue l’insignifiance de cette participation, mais qui montre là, tout le chemin que nous devons parcourir pour redresser la situation dans la femme dans la province du Kasaï oriental. » a-t-il déclaré.

Il a, par ailleurs, appelé à une implication accrue des femmes dans la vie politique :
« … la politique n’est pas seulement une affaire des hommes, c’est une affaire des hommes et des femmes et d’ailleurs aujourd’hui les représentent à peu près 52% de la population congolaise c’est aussi un électoral le plus important, et donc ces femmes ne doivent pas se mettre de côté pour laisser le boulevard aux hommes. Nous avons besoin que la politique soit davantage une question de femmes qui sont sensibles, plus sociales que les hommes, et qu’ensemble avec les hommes qu’on arrive à bâtir une société équilibrée, une société sexuée, une société dans laquelle, est les hommes, est les femmes évidemment chacun concourt au développement non seulement de la province du Kasaï oriental mais également de la République Démocratique du Congo. » a martelé le professeur Félicien Kabamba
Cap sur 2028 : des recommandations attendues
Pour la KAS, cet atelier constitue une étape clé dans la formulation de recommandations opérationnelles en faveur d’une meilleure participation politique des femmes.
« il est d’abord question de faire un état de lieux, cet état de lieux a été fait aujourd’hui au travers des présentations des experts et aussi des discussions intenses qui en ont découlé, il est question pour la journée de demain de pouvoir faire des ateliers avec des recommandations pertinentes qui pourront nous montrer qu’est-ce-que nous pouvons faire avec les femmes du Kasaï oriental dans le sens de booster leur participation aux institutions de la République aussi aux élections surtout parce que ce sont les élections qui sont les moments les plus propices pour la distribution des trophées politiques. Les coachs aux élections et vous n’allez pas attendre grand-chose, et là nous sommes en train de parler 2028 si les élections se tiennent en 2028 , il est nécessaire que les femmes soient mieux préparées, pour affronter ces élections, pour être mieux représentées dans les institutions qui seront issues de ces élections. » ajoute le représentant de la fondation KAS dans cet atelier.
Les travaux se sont poursuivis avec des sessions en groupes, dont les conclusions devraient permettre de mieux outiller les femmes du Kasaï Oriental en vue des échéances électorales de 2028.
À travers cette initiative, le CRONGD et la KAS réaffirment leur volonté de promouvoir une gouvernance inclusive, basée sur une participation équitable des femmes et des hommes dans les institutions de la République.

Enock MUTEBA MAZELA



