Kasaï oriental : Crise de l’eau à Mbujimayi, LUCHA dénonce, Didier Mbudi Lelo explique

Kasaï oriental : Crise de l’eau à Mbujimayi, LUCHA dénonce, Didier Mbudi Lelo explique
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Le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) a organisé vendredi 18 avril un sit‑in devant la direction provinciale de la REGIDESO au Kasaï Oriental. Les objectifs de cet acte symbole et démocratique sont notamment, dénoncer la crise chronique de l’eau potable qui frappe Mbujimayi et exiger une réponse urgente, institutionnelle et durable.

À travers un mémorandum adressé au Directeur régional de la REGIDESO, les militants ont tiré la sonnette d’alarme sur une situation qu’ils jugent intenable.

« Depuis plusieurs années, les habitants de cette ville, pourtant chef‑lieu du Kasaï Oriental, font face à une pénurie chronique d’eau, affectant gravement leur quotidien et compromettant leur droit fondamental à une vie saine et décente. » ont dénoncé les militants de la LUCHA.

Dans ce mémorandum remis publiquement à Didier Mbudi Lelo, la LUCHA n’a pas mâché ses mots. Elle a dénoncé l’inaction prolongée de la REGIDESO face à une crise aux conséquences sanitaires, sociales et économiques dramatiques.

« Aucune communication claire, aucune mesure concrète ni plan d’action visible n’ont été portés à la connaissance de la population pour remédier à cette crise persistante. » Un silence institutionnel perçu comme « un abandon par ceux qui souffrent au quotidien de cette carence ». a déclaré ce mouvement citoyen.

Plutôt que de se contenter de dénonciations, la LUCHA propose un ensemble de solutions réalistes et structurées. Parmi elles :

  • Réalisation d’un audit technique du réseau de distribution pour identifier les défaillances et planifier sa réhabilitation progressive ;
  • Extension du réseau aux quartiers périphériques complètement délaissés ;
  • Construction de stations de traitement d’eau décentralisées pour désengorger le système central ;
  • Partenariat avec les ONG et acteurs du développement pour le forage de puits sécurisés et durables ;
  • Promotion de la collecte et du traitement des eaux de pluie, à travers des campagnes de sensibilisation et d’incitation communautaire ;
  • Mise en place d’un cadre de dialogue permanent entre la REGIDESO et les représentants de la population.

À travers ce sit‑in et ce mémorandum, la LUCHA entend rappeler à la REGIDESO ses responsabilités.

« Cette situation interpelle votre responsabilité morale, professionnelle et citoyenne. L’eau est un bien vital. Il est inacceptable qu’en 2025, une ville de l’importance de Mbujimayi continue de vivre dans un tel dénuement hydraulique. » ont-il martelé

La mobilisation de ce 18 avril n’est, selon les organisateurs, qu’une étape dans une série d’actions citoyennes si des mesures concrètes ne sont pas rapidement annoncées.

Interrogé à l’issue du sit‑in, Didier Mbudi Lelo a salué ce geste démocratique avant d’insister sur le caractère structurel du problème. Selon Didier Mbudi, ce problème n’est pas l’effet d’une mauvaise volonté individuelle. En réponse au mémorandum de ces jeunes du kasaï Oriental, le directeur régional de la REGIDESO a relevé les avancées significatives enregistrées par son entreprise. Selon lui plusieurs projets majeurs sont déjà en cours et plusieurs infrastructures ont été renouvelées. Pour lui la REGIDESO est dotée des installations nécessaires notamment:

  • La station de dosage et le point d’injection de chlore, garantissant la qualité bactériologique de l’eau ;
  • Le château d’eau surélevé pour permettre une distribution régulière, même lors des maintenances ;
  • Une station provisoire opérationnelle, destinée à maintenir l’approvisionnement pendant les interventions sur le réseau principal.

Toutefois, Mbudi Lelo a souligné un verrou énergétique.

« le grand problème c’est l’énergie électrique. Avec une demande estimée à près de 4 000 kW (4 MW) pour faire fonctionner efficacement ces infrastructures, les coupures régulières et les fluctuations de tension posent un défi majeur. Actuellement, nous balbutions un peu avec l’énergie thermique qui exige un approvisionnement constant en gasoil et le réseau d’ENERKA, lui‑même en difficulté. » a fait savoir Mbudi Lelo, avant de préciser que certaines propositions de la LUCHA dont celle de la purification d’eau de la pluie n’est pas dans ses attributions.

Enock MUTEBA MAZELA

Rédaction

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