Kasaï oriental : à Katanda, la population alerte sur la chute de la production agricole et plaide pour le retour des déplacés et le renforcement de la sécurité
Les travailleurs du secteur agricole du secteur de Baluba Lubilanji, dans le territoire de Katanda (Kasaï oriental), ont exprimé lundi 22 décembre leur profonde inquiétude face à la chute alarmante de la production agricole observée dans cette entité jadis considérée comme l’un des greniers de la province.
Interrogés par coulisses.net, plusieurs cultivateurs attribuent cette situation à la recrudescence des conflits communautaires, qui a entraîné l’abandon des villages et l’arrêt quasi total des activités champêtres. Selon eux, les terres les plus arables et fertiles du secteur sont aujourd’hui devenues des zones à haut risque, rendant l’accès aux champs impossible.
« Depuis la résurgence des conflits, les habitants ont fui leurs localités respectives. Ils sont entassés dans la cité de Katanda et dans les secteurs environnants, sans possibilité de retourner cultiver », a confié un habitant à la rédaction de coulisses.net.

Cette insécurité persistante a des répercussions directes sur l’économie locale et la sécurité alimentaire. Les habitants dénoncent une baisse sensible des activités économiques et alertent sur la montée de la malnutrition dans cette zone, autrefois un fournisseur incontournable des produits agricoles pour la ville de Mbujimayi.
« C’est déplorable. Le territoire de Katanda, qui était le poumon agricole et le premier fournisseur du Kasaï Oriental, est devenu un territoire où les gens meurent de faim. Nous n’avons plus d’endroits pour cultiver. Les zones fertiles sont devenues inaccessibles », déplore un cultivateur.
Face à cette situation, les populations de Baluba Lubilanji lancent un appel pressant aux autorités provinciales et nationales. Elles demandent le renforcement de la sécurité, une implication réelle des pouvoirs publics dans le rétablissement de la paix, ainsi que la réinstallation des populations dans leurs localités d’origine.
Les habitants plaident également pour l’implantation des postes de la Police nationale congolaise (PNC) et des FARDC dans les zones sensibles et le long des axes jugés dangereux, notamment la route Katanda–rivière Lubilanji dans la localité de Mbumbu, l’axe Bakua Tshitongu–Ndala Bombu, ainsi que sur la RN2, où le dispositif sécuritaire actuel est salué par les usagers.
Sans un retour rapide de la paix, préviennent-ils, la situation alimentaire et économique du territoire de Katanda risque de se détériorer davantage.

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