Kasaï oriental-30 juin : « Nous avons eu des gens (…) qui avaient une certaine éthique de la gestion de la cité », Lazare Tshipinda

Plus d’un congolais célèbre, ce 30 juin, l’indépendance de la République Démocratique du Congo. Une histoire congolaise qui se raconte et mérite une compréhension complète pour les générations actuelles et futures. La rédaction coulisses.net a approché le Professeur Lazare Tshipinda.

Selon ce chercheur en sciences politiques, la question d’indépendance mérite d’être regardée sur le prisme de comparaison avec d’autres colonies. Il note que dans les premiers moments de l’indépendance, l’impréparation des cadres n’a pas aidé les congolais.

« Il y a beaucoup de choses, il y a également beaucoup de mal. Il faut partir du début. De quelle manière on a obtenu cette indépendance. Il faut y aller en comparaison avec d’autres colonies, notamment les colonies françaises, dans une certaine mesure, les colonies portugaises », note le professeur en précisant que pendant ce temps les autres étaient déjà préparés. « Vous vous rappelez que déjà à 1945-1948, les colonies françaises avaient déjà commencé à préparer les cadres. A cette époque, il y avait des députés qui siegaient à l’Assemblée française », rappelle-t-il.

Indiquant que  » les premiers universitaires que nous avons eus, c’est seulement vers les années 1957″, Lazare Tshipinda a accusé les belges d’être à la base de cette impréparation des cadres pouvant assurer la gestion du pays.

 » Les Belges ne s’étaient pas donnés à préparer les cadres pour assumer leurs responsabilités. L’une des débâcles que nous avons connue est l’impréparation des cadres. »

Des cadres exemplaires

Même si les choses ont beaucoup évolué. Certaines personnalités historiques ont servi d’exemple dans la gestion de la chose publique. « Nous avons eu des gens avec des bagages intellectuels voulus et qui avaient une certaine éthique de la gestion de la cité. Nous citons les Kasavubu, Ileo et tous les autres », fait savoir l’ancien ministre provincial de l’intérieur.

Et de poursuivre : C’était des gens qui étaient déterminés. Je suis entrain d’avoir comme bonne image l’acte d’indépendance en dépit de toutes les divisions. Parmi les acteurs, il y a eu un sursaut d’orgueil en faisant front commun pour obtenir l’indépendance, déclare-t-il.

Des faits exemplaires

« Ce sont les ratés de premières heures », débute en substance le professeur Lazare en expliquant que le coup d’État constituait un coup raté de l’histoire après l’obtention de l’indépendance.

 » Il y a eu finalement coup d’État, cinq ans après », évoque-t-il. Cependant, des choses encourageantes devraient être enregistrées.  » En dépit du coup d’Etat, il faut reconnaître au président Mobutu l’unité de ce pays », note Lazare Tshipinda.

« Vers les années 70 et 71, le Zaïre était compté parmi les monnaies les plus fortes du monde. Elle concurrençait le dollar et même le surpasser », ajoute-t-il.

« Il y a eu également un sursaut d’orgueil au niveau du nationalisme. Notre pays avait beaucoup évolué sur le plan de la musique et sur d’autres plans », souligne ce chercheur en sciences politiques.

La pendule remise à l’heure.

A propos du discours du chef de l’État, il précise que la pendule a été remise à l’heure.

 » Il a laissé faire les acteurs, il les a observés, beaucoup se sont permis de marcher sur ses pieds. Il a remis la pendule à l’heure pour montrer sa détermination de pouvoir maintenir ce qu’il a commencé et instaurer un véritable État de droit », a-t-il laissé entendre en faisant allusion à la coalition politique qui ne semble pas avancer sous le fond d’un conflit d’intérêts.

« Avec ce qui se passe, je pense qu’on préférera la République des juges que la République bananière. Et nous allons marcher avec l’État de droit. », souligne cet ancien ministre provincial de l’intérieur.

Ronsard Luabeya

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