Après plus de 3 000 cas recensés, un culte œcuménique à Kananga ouvre la sensibilisation contre les violences basées sur le genre

Après plus de 3 000 cas recensés, un culte œcuménique à Kananga ouvre la sensibilisation contre les violences basées sur le genre
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Dans un contexte marqué par une hausse inquiétante des cas de violences basées sur le genre (VBG) au Kasaï Central, une synergie des ONG, associations de la société civile et confessions religieuses a organisé, le samedi 8 novembre, un culte œcuménique à l’église Jésus la Porte de Kamayi.

L’objectif de ce rassemblement était d’implorer l’intervention divine et renforcer la mobilisation communautaire contre ce fléau qui continue de déchirer des vies dans la province.

Prenant la parole, la représentante de la ministre provinciale du genre a dressé un tableau alarmant de la situation. Selon elle, le Kasaï Central fait face à une montée vertigineuse des cas de violences de toutes formes, touchant particulièrement les femmes et les filles, mais aussi des bébés et même certains hommes qui, par peur ou honte, ne dénoncent pas leurs agresseurs.

« La courbe des VBG ne cesse de grimper. Ces violences sont devenues monnaie courante et choquent la conscience de toute la population », a-t-elle déclaré.

Des statistiques récentes indiquent qu’entre le premier et le quatrième trimestre de l’année en cours, plus de 3 000 cas de VBG ont été enregistrés et documentés, dont plus de 60 % concernent des mineures.

Les violences conjugales, quant à elles, sont souvent minimisées et perçues comme de simples disputes de ménage, alors qu’en dix mois, plus de 100 cas graves ont été recensés, dont une vingtaine ayant conduit à la mort du conjoint a majorité des victimes étant des femmes.

Pour Jackyline Ndaya, l’une des organisatrices du culte œcuménique, cette rencontre spirituelle visait à compléter les efforts déjà déployés sur le terrain par les structures engagées dans la lutte contre les VBG.

« Nous avons estimé qu’en tant qu’humains, nos efforts semblent limités. Seul Dieu peut toucher le cœur des bourreaux. Certains agissent sous l’influence du monde des ténèbres, mais nous savons que notre Dieu, plus grand qu’eux, peut changer les choses », a-t-elle expliqué avec foi.

Elle a annoncé que cette activité marque le début d’une campagne de sensibilisation et de plaidoyer auprès des autorités, dans le cadre des “16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes”, célébrés chaque année en novembre.

Ce culte œcuménique, placé sous le thème « Agir ensemble pour un monde sans violences », a réuni plusieurs leaders religieux et communautaires, ainsi que des fidèles de diverses églises de Kananga, dans un esprit d’unité et d’engagement pour la paix et la dignité humaine.

Alain Digital Mudiandambu,
Depuis la ville de Kananga

Rédaction

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