kabare : l’épidémie de choléra s’aggrave à Kadjucu, les habitants réclament un site de traitement de proximité

kabare : l’épidémie de choléra s’aggrave à Kadjucu, les habitants réclament un site de traitement de proximité
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Le village de Kadjucu, situé dans le groupement d’Irhambi-Katana en territoire de Kabare (Sud-Kivu), fait face à une recrudescence inquiétante de cas de choléra. Les habitants appellent à l’installation urgente d’un site de traitement afin d’enrayer la propagation rapide de la maladie.

Selon des sources sanitaires locales, Kadjucu a enregistré deux décès en une semaine et compte désormais plus de cinq nouveaux cas chaque jour. Une situation alarmante qui dépasse largement les capacités du centre de santé local et nécessite une intervention urgente des autorités sanitaires et humanitaires.

Dans une correspondance adressée ce dimanche 16 novembre 2025, Amos Murhula, acteur du développement local, rappelle que les premiers cas avaient été signalés dès le mois de septembre. Le nombre de malades a ensuite augmenté en octobre, avant de connaître une flambée encore plus marquée depuis début novembre. Le village enregistre actuellement entre deux et trois cas quotidiens nécessitant un transfert vers Kasheke, à plus de 7 kilomètres, où se trouve le seul site de traitement opérationnel.

Selon lui, l’arrivée récente de déplacés fuyant les affrontements autour du Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), ainsi que la consommation d’eau non traitée due à l’insécurité persistante, comptent parmi les principaux facteurs ayant favorisé la propagation du choléra.

« Nous alertons les organisations de bonne volonté afin de venir en aide à cette paisible population qui traverse une période difficile, aggravée par l’insécurité persistante », a-t-il plaidé.

Joint par la rédaction, Théophile Mihindi, infirmier au centre de santé de Kadjucu, confirme que le manque d’intrants essentiels complique gravement la prise en charge. Faute de matériel adéquat, plusieurs malades doivent parcourir de longues distances pour rejoindre Kasheke, parfois au péril de leur vie. Il cite notamment le décès d’une femme début novembre, décédée en route avant d’atteindre le site de traitement.

Face à cette urgence sanitaire, l’infirmier appelle à la mise à disposition d’un moyen de transport permanent pour les patients, mais surtout à l’installation d’un site de traitement local afin de réduire la mortalité et contenir l’épidémie.

À cette crise sanitaire s’ajoute une crise alimentaire aiguë. Les fortes pluies enregistrées du 20 octobre au 7 novembre ont détruit plusieurs champs, tandis que l’insécurité empêche nombre d’agriculteurs d’accéder à leurs terres, accentuant la vulnérabilité des ménages.

Pascal Mushiarhamina, depuis Bukavu

Rédaction

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