Ituri : Paul Babangu dénonce les abus présumés de la Force navale sur le littoral du lac Albert
Le député national élu du territoire d’Irumu, Paul Babangu Wababu, a déposé vendredi 6 février 2026 un mémorandum dénonçant des actes de harcèlement, d’extorsion et de destruction de l’écosystème attribués à certains éléments de la Force navale des FARDC opérant à Kasenyi, Tsiritsi et Chicha, sur le littoral du lac Albert.
Selon ce document adressé aux autorités compétentes, des agents techniques des secteurs de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Élevage et de l’Environnement, ainsi que les populations riveraines, font état d’une dérive sécuritaire et écologique préoccupante. Au lieu d’assurer la protection de la souveraineté maritime, certains militaires seraient impliqués dans des pratiques assimilées à des prélèvements illicites.
Parmi les griefs relevés figurent notamment une extorsion systématique évaluée à 300 dollars américains par semaine imposée aux pêcheurs artisanaux, la destruction de la biodiversité par l’usage de méthodes de pêche prohibées – notamment les filets moustiquaires et les lampes néon – entraînant la disparition d’alevins et la rupture du cycle de reproduction des espèces halieutiques. Le mémorandum évoque également des cas de pillage sous couvert de patrouilles ainsi qu’une entrave au travail de l’administration, certains agents de l’État étant empêchés d’exercer leurs missions de contrôle et de réglementation.
Le document cite en outre la responsabilité présumée du commandement local, mentionnant l’officier Ekofo, basé à Kasenyi, comme donneur d’ordre de ces opérations dénoncées.
Les conséquences décrites sont jugées préoccupantes à plusieurs niveaux :
Écologique, avec le risque de disparition d’espèces endémiques du lac Albert ;
Social, marqué par une rupture de confiance entre civils et militaires ; Économique, en raison de l’appauvrissement progressif des ménages vivant de la pêche artisanale légale.
Face à cette situation, les signataires sollicitent l’intervention du député national afin de saisir le gouverneur militaire de l’Ituri pour faire cesser immédiatement ces pratiques, d’alerter l’Auditeur supérieur militaire en vue de l’ouverture d’une enquête indépendante et de rétablir l’autorité des services techniques chargés de la gestion durable des ressources du lac.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités militaires locales n’a encore été rendue publique.
Rédaction


