Ituri : les chefs coutumiers de Mambasa se rangent derrière les FARDC et appellent la MONUSCO en appui humanitaire

Ituri : les chefs coutumiers de Mambasa se  rangent derrière les FARDC et appellent la MONUSCO en appui humanitaire
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Les autorités coutumières du territoire de Mambasa dans le territoire de l’Ituri sortent de leur réserve dans un contexte sécuritaire de plus en plus préoccupant. Réunis jeudi 23 avril 2026 autour de l’administrateur policier du territoire, chefs de chefferies, chefs de groupements et notables ont affiché une position commune : soutenir les Forces armées de la République démocratique du Congo et rejeter catégoriquement tous les groupes armés opérant dans la région.

Dans une déclaration lue par Tahero Assumani, les leaders coutumiers ont levé toute ambiguïté.

« Nous sommes avec notre armée. Les groupes armés qui tuent, pillent et déplacent nos populations n’ont pas leur place ici », ont-ils martelé. Cette prise de position intervient alors que le territoire fait face, depuis le 12 mars, à une recrudescence des attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées.

Ce ralliement aux forces régulières survient également dans la foulée de l’alerte lancée par le député national Jefferson Abdallah Pene Mbaka, qui dénonçait récemment une Police nationale congolaise « dépassée » face à l’ampleur de la menace et appelait à des renforts urgents.

Autre point majeur de cette déclaration était l’ouverture à la collaboration avec la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC. Les chefs coutumiers ont en effet exprimé leur acceptation de la présence de la mission onusienne comme partenaire du gouvernement, notamment pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire en faveur des populations déplacées.

Un positionnement qui marque un tournant dans une zone où la MONUSCO a souvent suscité des réserves. Pour Tahero Assumani, l’urgence humanitaire impose aujourd’hui le pragmatisme :

« Nos frères et sœurs sont en brousse, sans abris, sans nourriture. Si la MONUSCO peut aider le gouvernement à leur apporter des vivres et des médicaments, nous disons oui ». Les autorités coutumières se sont ainsi engagées à lever les barrières communautaires et à sensibiliser la population afin de faciliter l’accès des humanitaires, sous escorte, aux zones enclavées.

L’administrateur policier du territoire a salué une déclaration qu’il qualifie de « tournant ». Dans un contexte où les chefs coutumiers demeurent des leaders d’opinion influents, leur soutien aux FARDC et leur ouverture à la MONUSCO pourraient contribuer à restaurer la confiance, priver les groupes armés de relais locaux et accélérer la réponse humanitaire.

Le territoire de Mambasa compte aujourd’hui plusieurs milliers de déplacés, contraints de fuir les exactions des ADF. Insécurité persistante sur les axes routiers, abandon des champs et paralysie des activités économiques : la situation reste critique.

Dans ce contexte, la convergence entre l’administration, l’armée, la MONUSCO et les autorités coutumières apparaît désormais comme une piste crédible pour rétablir l’autorité de l’État et soulager les populations civiles.

Jospin Wa Jorkim

Rédaction

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