Ituri : à Amee, le calme persiste trois mois après le retrait de la MONUSCO
Trois mois après la fermeture de la base de la MONUSCO à Amee, dans le territoire de Mahagi (Ituri), la situation sécuritaire demeure stable. C’est ce qui ressort d’une mission d’évaluation conduite du 2 au 5 mars 2026.
Sur place, la délégation a constaté la libre circulation des populations, la reprise des activités scolaires et économiques ainsi que la continuité des cadres de concertation communautaires mis en place avant le départ des Casques bleus.
Les leaders locaux attribuent cette stabilité aux dialogues intercommunautaires, aux formations et aux mécanismes d’alerte précoce instaurés durant les dernières années de présence onusienne.
« Quand on avait annoncé la fermeture de la base, nous avions peur. Mais rien de grave ne s’est produit. La MONUSCO nous a réunis et formés, et grâce à ces rencontres, nous vivons aujourd’hui en paix », témoigne Jean-Marie Kawarunyo Alar, notable Alur du groupement de Pamitua.
- Selon les notables locaux, les indicateurs demeurent encourageants :
- baisse de la criminalité ;
- rapprochement progressif entre communautés ;
- retour des élèves et enseignants dans les mêmes écoles ;
- relance des activités commerciales.
- Reprise des échanges économiques
Au centre commercial d’Amee, les échanges entre groupements voisins ont repris.
« Nos frères du groupement voisin viennent s’approvisionner en savon, sel ou boissons. De leur côté, nous récupérons des produits vivriers comme les cossettes de manioc, la pomme de terre ou le haricot », explique Ucai Uzele, opérateur économique local.
Les leaders communautaires soulignent également l’ancrage d’une culture du dialogue.
« S’il y a un problème entre les deux entités, on s’assoit autour d’une table et la solution arrive vite. Nous collaborons et vivons dans une cohésion sociale réelle », affirme Umirambe Ugwaro, notable Lendu.
Malgré cette accalmie, des préoccupations persistent. Des sources communautaires signalent la présence d’armes détenues illégalement par certains jeunes.
Le chef coutumier Dhekana Ayuba appelle à l’accélération du PDDRC-S : « Notre souhait est de voir le processus être accéléré. Si ces jeunes armés sont pris en charge, cela soulagera toute la population. »
Pour rappel, le 4 décembre 2025, la Mission onusienne mettait fin à six années de présence militaire dans cette entité située à 185 kilomètres au nord de Bunia, estimant que les conditions sécuritaires permettaient un retrait progressif.
À Amee, la stabilité observée depuis ce départ repose désormais sur les mécanismes communautaires locaux, dans un contexte jugé calme mais encore fragile.
Jospin Wa Jorkim




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