Ituri : 10 civils tués et plus de 20 personnes enlevées par les ADF à Irumu

Ituri : 10 civils tués et plus de 20 personnes enlevées par les ADF à Irumu
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Une nouvelle série d’attaques attribuées aux rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF) a endeuillé plusieurs villages du territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri, entre les journées du mardi 8 et mercredi 9 juillet. Ces assauts, survenus en pleine traque militaire menée conjointement par les armées congolaise (FARDC) et ougandaise dans le territoire voisin de Mambasa, ont causé la mort d’au moins 10 civils et l’enlèvement de plus de 20 autres.

D’après les informations fournies par la société civile Nouvel Espoir, les ADF ont lancé leur première attaque dans la nuit de mardi, ciblant le village de Katerrain, situé près de Beu-Manyama, à la frontière avec le territoire de Beni. Sur place, au moins sept personnes ont été tuées et plusieurs autres grièvement blessées. Des disparus sont également signalés.

Un rescapé, qui a requis l’anonymat, a livré un témoignage bouleversant.

« Ils nous ont surpris alors que nous dormions. Il était environ 2 heures du matin. Ils ont d’abord pris nos téléphones Android, puis nous ont ligotés. L’un d’eux m’a dit de ne pas avoir peur, mais j’ai compris que c’était fini pour nous. Nous avons reçu des coups de machette au cou. J’ai été blessé et j’ai réussi à m’échapper par miracle. Les corps sont restés sur place, certains décapités », a-t-il raconté avec émotion.

Pourchassés par les forces armées après cette première incursion, les rebelles ont poursuivi leur offensive le lendemain dans plusieurs localités situées entre Beu-Manyama (territoire de Beni) et la rivière Samboko (Ituri). Ramazani Maliyabwana, coordonnateur de la société civile dans le secteur de Beni-Mbau, dresse un bilan encore plus lourd.

« Ils ont tué 10 personnes à Masiya, près de la rivière Mabanzinzi, 5 à Matoko, 10 à Bayeyi, 6 à Karezo. Plus de 20 personnes ont été enlevées. Ce bilan est provisoire car les fouilles se poursuivent », a-t-il précisé.

Selon le président de la société civile de Mamove, plusieurs corps jonchent encore les routes et les champs. Certains cadavres ont déjà été transportés vers la commune d’Oicha, chef-lieu du territoire de Beni. Dans la soirée de jeudi 10 juillet, au moins dix corps ont été acheminés à la morgue de l’hôpital général de référence d’Oicha. La majorité des victimes sont originaires de cette localité.

Ces attaques brisent une accalmie de plusieurs semaines observée dans les villages situés à l’ouest d’Oicha, où aucune action violente des ADF n’avait été enregistrée récemment. La reprise de ces violences ravive l’inquiétude au sein des populations locales, qui déplorent l’absence de mesures de sécurisation suffisantes malgré la présence militaire dans la région.

À ce stade, les autorités militaires n’ont pas encore réagi officiellement à ces événements.

Jospin wa Jorkim
Correspondant

Rédaction

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