Bilan humanitaire : le CICR prend en charge plus de 500 blessés au Sud-Kivu au premier trimestre 2026
Dans un contexte marqué par la persistance des violences armées au Sud-Kivu, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a présenté le bilan de ses interventions pour le premier trimestre 2026. C’était à l’occasion d’un briefing animé jeudi 9 avril à Bukavu par la cheffe de sous-délégation, Wendy Fleury, en marge de la fin de sa mission dans la province.
Face à la recrudescence des affrontements entre 2025 et 2026, l’organisation humanitaire indique avoir intensifié ses efforts pour atténuer l’impact des conflits sur les populations civiles, les blessés et les personnes privées de liberté.
Plus de 500 blessés pris en charge
Sur le plan sanitaire, le CICR rapporte avoir pris en charge 541 blessés par arme entre janvier et mars 2026 dans trois structures hospitalières appuyées au Sud-Kivu. Il s’agit de l’Hôpital provincial général de référence de Bukavu (165 cas), de l’Hôpital général de référence d’Uvira (186 cas) et de celui de Fizi (190 cas).
Ces interventions s’inscrivent dans la continuité des actions menées en 2025, période durant laquelle 1 216 blessés avaient déjà bénéficié de soins médicaux.
Assistance économique et accès à l’eau
Dans le domaine de la sécurité économique, 19 728 personnes, soit 3 288 ménages, ont reçu une aide en espèces dans les localités de Burembo, Namisha et Kasanjala, en territoire de Fizi, selon le CICR.
L’accès à l’eau potable demeure également une priorité. Près de 500 000 personnes ont bénéficié de l’appui du CICR à la REGIDESO/Uvira, notamment à travers la fourniture de 2 000 litres de carburant et 1 800 kg de sulfate d’aluminium, essentiels au traitement de l’eau.
Par ailleurs, des projets d’adduction d’eau à Ndegu profitent à environ 14 000 habitants, tandis que les travaux réalisés à Namisha ont permis à 500 ménages de retrouver l’accès à l’eau potable.
Rétablissement des liens familiaux
Dans le cadre de la protection des familles séparées par les conflits, le CICR a facilité 2 273 appels téléphoniques gratuits. L’organisation indique également avoir permis la réunification de sept enfants avec leurs familles.
Par ailleurs, 13 cas d’enfants séparés ont été enregistrés et 57 demandes de recherche de proches ont été ouvertes.
Interventions multisectorielles
Présent dans plusieurs zones affectées, notamment à Uvira, Fizi et bientôt à Walungu, le CICR combine des interventions d’urgence et des actions de relèvement, incluant la distribution de semences agricoles, la réhabilitation des infrastructures hydrauliques et le soutien aux structures sanitaires.
Dans la zone de santé de Bunyakiri, trois structures médicales situées à Numbi, Kachiri et Tshigoma bénéficient également de l’appui de l’organisation, avec un accent particulier sur les soins de santé primaires et la prise en charge psychosociale des victimes de traumatismes physiques et mentaux.
Transition à la tête de la sous-délégation
Après quatre mois à la tête de la sous-délégation du CICR au Sud-Kivu, Wendy Fleury s’est dite marquée par la résilience des communautés locales, malgré une instabilité persistante depuis plus d’une décennie.
Elle a également souligné le rôle crucial des médias dans la diffusion d’une information fiable, dans un contexte marqué par la désinformation.
Elle a enfin exprimé sa confiance quant à la continuité des activités humanitaires, alors qu’une nouvelle responsable est attendue dès le mois de mai pour assurer la relève à la tête de la sous-délégation du CICR dans la province.
Pascal Mushiarhamina, depuis Bukavu


