Kasaï Central : l’Union sacrée exige la démission immédiate du gouverneur Joseph-Moïse Kambulu
La pression politique s’accentue autour du gouverneur du Kasaï-Central, Joseph-Moïse Kambulu N’Konko. Les présidents fédéraux des partis et regroupements politiques membres de l’Union sacrée de la Nation, fédération du Kasaï-Central, ont exigé sa démission immédiate et sans condition. Cette position ressort d’une déclaration politique rendue publique samedi 31 octobre à Kananga, au terme d’une réunion consacrée à l’évaluation de la gouvernance provinciale.
Dans ce document dont copie est parvenue à notre rédaction, les signataires expriment leur « vive indignation » face à ce qu’ils qualifient de trois années de mauvaise gouvernance, marquées, selon eux, par l’absence de projets viables et à impact durable en faveur de la population.
Tout en réaffirmant leur soutien au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, notamment pour ses efforts en faveur du rétablissement de la paix dans l’Est du pays, ces responsables politiques dressent un bilan particulièrement sévère de la gestion de l’exécutif provincial.
Huit principaux griefs sont ainsi formulés contre le gouverneur Joseph-Moïse Kambulu N’Konko. Ils évoquent notamment la gestion qu’ils jugent calamiteuse et opaque des finances publiques, ainsi que la prédation présumée des recettes de la Direction générale des recettes du Kasaï-Central (DGRKAC).
Les signataires dénoncent également le détournement présumé de 40 motos DT, acquises dans le cadre du projet ENCORE de la Banque mondiale et destinées à cette régie financière. À ces accusations s’ajoutent le manque de leadership face aux menaces sécuritaires, le tribalisme et le clientélisme présumés dans la gestion des institutions provinciales, ainsi que l’appropriation de certains projets initiés et financés par le gouvernement central.
Sur le plan du développement, les responsables de l’Union sacrée déplorent l’absence de réalisations qu’ils jugent significatives dans les cinq territoires de la province, à savoir Dibaya, Demba, Dimbelenge, Kazumba et Luiza. Ils affirment notamment qu’aucune route de desserte agricole, aucun centre de santé ni aucune école n’auraient été construits dans ces entités sous l’actuelle gouvernance.
L’incompétence et l’amateurisme politique et managérial, ainsi que la vente présumée illicite des immeubles de l’État, figurent également parmi les reproches adressés au chef de l’exécutif provincial.
« Le Kasaï-Central est à genoux, plongé dans une misère sans précédent », déplorent les signataires dans leur déclaration.
Face à cette situation qu’ils qualifient de préoccupante, les responsables politiques formulent trois principales exigences. Ils invitent d’abord les députés provinciaux à prendre leurs responsabilités et à engager une démarche visant la déchéance de tous les membres du gouvernement provincial.
Ils demandent ensuite au gouverneur Joseph-Moïse Kambulu N’Konko de présenter immédiatement sa démission, estimant que son maintien à la tête de la province constitue un danger pour celle-ci. Enfin, ils appellent le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, à prendre acte de ce désaveu politique.
Les signataires lancent par ailleurs un appel à la vigilance à la population du Kasaï-Central, dénonçant ce qu’ils considèrent comme la prise en otage de la province par un groupe d’individus au profit de leurs intérêts personnels.
Cette nouvelle sortie politique intervient dans un contexte de contestation croissante de la gestion du gouverneur Kambulu. Plusieurs voix, notamment au sein de la Ligue des jeunes de l’UDPS/Tshisekedi, s’étaient déjà exprimées en faveur de l’initiative de désaveu portée par le président fédéral Justin Tulume.

Alain Digital Mudiandambu


