Ituri : le litre d’essence passe de 3 800 à 5 000 FC à Bunia, les motards étranglés par la flambée des prix
La ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, fait face à une flambée du prix du carburant. Le litre d’essence, qui se vendait à 3 800 francs congolais (FC), atteint désormais 5 000 FC dans plusieurs stations-service, sur fond de perturbation de l’approvisionnement liée à l’insécurité sur la route nationale numéro 27 (RN27).
Cette hausse, enregistrée en quelques jours, représente une augmentation d’environ 32 %. Elle intervient alors que les stocks de carburant s’amenuisent, entraînant des tensions dans les stations-service et favorisant la spéculation sur le marché parallèle.
À l’origine de cette situation figure l’insécurité persistante sur l’axe Bunia-Mahagi-Arua. La semaine dernière, trois chauffeurs de poids lourds ont été tués lors d’attaques attribuées aux miliciens de la CODECO, selon les informations rapportées. Face à ces violences, le collectif des chauffeurs de poids lourds et des importateurs de produits pétroliers a décrété une grève illimitée, suspendant notamment l’acheminement du carburant vers Bunia.
Les conducteurs de motos-taxis comptent parmi les premières victimes de cette flambée. À Bunia, où ils seraient plus de 15 000, selon les chiffres avancés dans le secteur, la hausse du prix de l’essence réduit considérablement leurs marges et menace leurs revenus quotidiens.
« On achetait l’essence à 3 800 FC, on faisait 500 FC la course. Maintenant, à 5 000 FC, on doit augmenter, mais les clients n’ont pas d’argent. On ne s’en sort plus », témoigne, sous couvert d’anonymat, un motard rencontré au rond-point CAPA.
La situation inquiète également les chauffeurs de taxis-bus assurant la liaison entre Bunia et Iga Barrière. Ces derniers envisagent une augmentation des tarifs de transport si les difficultés d’approvisionnement persistent.
Face à cette crise, les transporteurs et les conducteurs de motos-taxis lancent un appel pressant aux autorités provinciales. Ils demandent des mesures urgentes pour rétablir la sécurité sur la RN27 et permettre la reprise normale du trafic des camions-citernes.
Cet axe routier constitue une voie importante pour l’approvisionnement de Bunia en produits de première nécessité, notamment en carburant. La persistance de l’insécurité risque d’aggraver les difficultés économiques des ménages et des opérateurs du secteur des transports.
En attendant une éventuelle reprise du trafic, la population de Bunia reste confrontée à la hausse du coût du transport et aux incertitudes entourant l’approvisionnement en carburant.
Jospin wa Jorkim


