Ituri/Djugu : la communauté de Djokodjo et le député Franck Nguna Loy exigent de Mont Gabaon le respect de son cahier des charges
Deux ans après la signature du cahier des charges entre l’entreprise Mont Gabaon et la communauté de Djokodjo, dans le territoire de Djugu, plusieurs engagements sociaux restent, selon les habitants, inexécutés. Le député national Franck Nguna Loy a adressé à la direction générale de l’entreprise une mise en demeure de quinze jours pour se conformer à ses obligations.
La communauté de Djokodjo hausse le ton face à ce qu’elle considère comme le non-respect des engagements pris par l’entreprise Mont Gabaon dans le cadre de son cahier des charges. Deux ans après la signature de ce document, les habitants affirment que plusieurs réalisations attendues tardent toujours à voir le jour.
Parmi les engagements cités figurent notamment la construction d’un système d’approvisionnement en eau potable, l’asphaltage de l’axe routier Djokodjo-Bedhu-Ezekere, ainsi que la priorité accordée à la main-d’œuvre locale dans les recrutements.
Selon des membres de la communauté, la situation de la route constitue l’une des principales préoccupations. Ils décrivent un axe devenu difficilement praticable, où certains véhicules s’embourberaient régulièrement et où des accidents seraient enregistrés.
Les habitants déplorent également, selon leurs témoignages, le faible recours à la main-d’œuvre locale et affirment que plusieurs alertes adressées à l’entreprise n’auraient pas reçu de réponse satisfaisante.
Pendant ce temps, l’exploitation de l’entreprise se poursuit dans la région. Ces différentes affirmations de la communauté n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante par notre rédaction.

Face à cette situation, le député national Franck Nguna Loy dit avoir saisi la direction générale de Mont Gabaon à travers une mise en demeure de quinze jours.
Contacté par notre rédaction lundi 5 octobre, l’élu affirme agir dans le cadre de la défense des intérêts de la communauté et non dans une logique de confrontation avec l’investisseur.
« Le cahier des charges n’est pas un document de courtoisie, c’est une obligation légale », a-t-il déclaré.
Franck Nguna Loy estime que la communauté a fait preuve de patience et de retenue depuis la signature du document, mais que cette patience est désormais arrivée à sa limite.
L’élu a insisté par ailleurs sur le fait qu’il ne s’oppose pas aux activités de l’entreprise. « Je suis pour le respect de la parole donnée », a-t-il indiqué, en se référant notamment au principe de partenariat « gagnant-gagnant » prôné par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.
Le député prévient qu’à l’expiration du délai de quinze jours, il envisage de saisir le Cadastre minier ainsi que le ministère national des Mines, afin de solliciter la suspension des activités de l’entreprise jusqu’à l’exécution complète des engagements contenus dans le cahier des charges.
Il fonde cette démarche sur l’article 414 octies du Règlement minier, dont il estime qu’il ouvre cette possibilité à la communauté. Il appartient toutefois aux autorités compétentes d’apprécier la portée juridique de cette disposition et le bien-fondé d’une éventuelle demande de suspension.
Sollicitée par notre rédaction pour réagir aux accusations de la communauté et aux déclarations du député, la direction de Mont Gabaon n’a pas donné suite à nos appels et sollicitations au moment de la publication.
Jospin wa Jorkim


