Ituri/ PEQIP : le député Kambale Ngendo Joarchim dénonce l’attribution de tous les marchés de construction d’écoles à des entreprises Kinoises
Kambale Ngendo Joachim, député provincial élu de Bunia, dénonce l’attribution de tous les marchés de construction d’écoles primaires du Projet d’Amélioration de la Qualité de l’Enseignement Primaire (PEQIP) à des entreprises basées à Kinshasa.
Dans une correspondance adressée à la Coordonnatrice du PEQIP, projet financé par le Partenariat Mondial pour l’Éducation (GPE) sous supervision de la Banque Mondiale, l’élu dresse un réquisitoire sévère.
Selon le député, les 11 écoles primaires prévues en Ituri dans le cadre du projet, à savoir EP Kakado, EP Apawanza, EP Gbalyadu, EP Wi-Daa, EP Emee, EP Sedri, EP Dyoti Awuma, EP Lungu Thelanyi, EP Shiba D’Idangu, EP Mblogu et EP Udim, ont toutes été attribuées à des entreprises domiciliées à Kinshasa.
Une décision qui, selon lui, va à l’encontre de la philosophie même du projet qui prônait le renforcement des capacités locales, la création d’emplois et la participation des entreprises locales.
« Pourquoi ne pas donner directement aux entreprises locales ? »
L’élu pointe plusieurs griefs : violation des principes de transparence et de coût-efficacité de la Banque Mondiale, violation de l’esprit du PEQIP, et soupçon de fraude et de collusion.
Il révèle que sur le terrain, les entreprises kinoises attributaires sont obligées de tout louer en Ituri : matériel de forage, bétonnières, échafaudages, et même de sous-traiter l’intégralité des travaux aux entreprises locales.
« Si le matériel doit de toute façon être loué en Ituri et si ce sont les entreprises locales qui exécutent les travaux en sous-traitance, pourquoi ne pas donner directement le marché aux entreprises locales de l’Ituri ? », s’interroge-t-il, estimant que cela prouve que l’attribution n’est ni techniquement ni économiquement justifiée.
Il dénonce également un critère d’évaluation « faux et discriminatoire » exigeant des marchés similaires passés. « En construction, ce n’est pas la paperasse de l’entreprise qui construit, c’est l’argent qui construit », martèle-t-il.
Face à cette situation, le député provincial élu de la ville de bunia Kambale Ngendo Joachim formule cinq demandes :
- La suspension immédiate de la notification des marchés litigieux en Ituri ;
- Un audit indépendant du processus d’évaluation par la Cellule de Gestion des Plaintes et la Banque Mondiale ;
- La réservation d’une part significative des lots aux entreprises locales qualifiées ;
- La transmission des rapports d’évaluation détaillés et des grilles de notation ;
- La révision des critères d’attribution pour privilégier la capacité financière et les compétences techniques au même titre que l’expérience passée.
L’élu précise que sa démarche n’a aucun caractère politique partisan et vise uniquement à défendre l’intérêt de la population de l’Ituri et à protéger l’image du Gouvernement et de ses partenaires.
Jospin wa Jorkim


