Paix dans les Grands-Lacs : les jeunes appelés à briser la chaîne des discours de haine
Des jeunes venus de plusieurs pays de la région des Grands Lacs se sont engagés à promouvoir la paix et à combattre les discours de haine, notamment sur les réseaux sociaux. Ils ont pris cet engagement lors du Forum Grands-Lacs pour la Paix et la Cohésion Sociale, tenu du 23 au 24 septembre 2026 à Rubavu, au Rwanda.
Placée sous le thème « Tous contre les discours de haine », cette rencontre a mis l’accent sur la responsabilité de la jeunesse dans la prévention des tensions communautaires et la consolidation de la paix dans la région.
Organisé par l’ONG Action pour la Paix et la Concorde (APC), en partenariat avec Pole Institute, Refugee Law Project et Vision Jeunesse Nouvelle, avec l’appui technique et financier d’Interpeace et de la Coopération Suisse au Développement (DDC), le forum a réuni des jeunes Peace Fellows accompagnés dans le cadre du Programme de Dialogue Transfrontalier pour la Paix (GREAT LAKE III).
À l’ouverture, les participants ont dénoncé les discours de haine, perçus comme des facteurs susceptibles d’accentuer les divisions entre communautés et de fragiliser les efforts de paix. Le directeur exécutif de Vision Jeunesse Nouvelle, Frère Vital Iringweneza, a notamment évoqué les initiatives menées en RDC, en Ouganda et au Rwanda pour renforcer l’implication des organisations de jeunesse dans la prévention de ces discours.
Une attention particulière a été accordée aux réseaux sociaux, devenus un important canal de circulation de contenus sensibles. Les jeunes ont été invités à mesurer les conséquences de leurs publications avant tout partage, en s’interrogeant sur leur objectif, leur impact et leur utilité pour la communauté.
Plusieurs Peace Fellows ont ainsi présenté leurs engagements. Depuis Bukavu, la professionnelle des médias Alice Kajabika a insisté sur l’importance de vérifier les informations avant leur diffusion et de mettre fin aux chaînes de partage de contenus haineux.
En Ouganda, l’artiste de scène Oloya Chini entend, pour sa part, mettre son art au service de la paix et utiliser les plateformes numériques comme outils de sensibilisation. À Goma, Ilunga Mbuyi Félicité a également plaidé pour une meilleure vérification des informations, estimant que la désinformation peut contribuer à la propagation des discours de haine. Elle a appelé à considérer les différences entre les peuples comme une richesse plutôt qu’un facteur de division.
La deuxième journée du forum a été consacrée au rôle de la culture dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale. Le professeur Doudou Kaganda, coordonnateur provincial pour le Nord et le Sud-Kivu d’APC asbl, a présenté la diversité culturelle comme un levier de rapprochement entre les communautés.
Selon lui, la culture, transmise de génération en génération à travers la socialisation et l’éducation, peut contribuer à renforcer les liens entre les peuples. Les jeunes ont ainsi été encouragés à privilégier, dans la transmission culturelle, les valeurs favorables au rapprochement plutôt que celles susceptibles d’entretenir les divisions.
Tenu en marge de la Journée internationale de la paix, célébrée le 21 septembre, le Forum Grands-Lacs pour la Paix et la Cohésion Sociale a également été marqué par des échanges intergénérationnels et interculturels. Les discussions ont mis en avant le rôle de la jeunesse et de la diversité culturelle dans la recherche de solutions susceptibles de contribuer à une paix durable dans la région des Grands Lacs.

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