Sud-Kivu : le député provincial Justin Rukingira alerte sur la dégradation sécuritaire et humanitaire à Kaniola
La situation sécuritaire et humanitaire dans le groupement de Kaniola, territoire de Walungu, au Sud-Kivu, suscite une nouvelle alerte. Dans une correspondance datée du 27 septembre 2026 et adressée notamment au Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), le député provincial du territoire de Walungu, Justin Rukingira Munguakonkwa, sollicite une intervention urgente face aux violences et aux déplacements de populations signalés dans cette partie de la province.
Selon cette correspondance, le groupement fait face, depuis mars 2025, à une série d’incidents attribués par des habitants à des éléments de l’AFC/M23. Les faits rapportés font notamment état de meurtres, de tortures, de pillages, d’arrestations arbitraires, de violences sexuelles et de tentatives d’enrôlement forcé de jeunes. Compte tenu de leur gravité, ces allégations nécessitent des vérifications indépendantes.
Le 24 septembre, trois civils identifiés comme Birhalugira Kulimushi Jules, Kashokwire Kulimushi Isaac et Bizimana Ciragiza auraient été tués à Kaniola. D’après les témoignages repris dans la lettre, les victimes auraient subi des violences physiques avant d’être abattues. Plusieurs autres personnes seraient également portées disparues.
La correspondance évoque également deux autres incidents récents. Le 21 septembre, deux enseignants auraient été torturés et visés par une tentative d’assassinat sur l’axe Nzibira-Luntukulu. Le 23 septembre, à Kashanja, Zigashane Mashali, taximan originaire de Kalengera, aurait été dépouillé de 30 000 francs congolais avant de succomber à des violences physiques.
Sur le plan humanitaire, ces violences auraient provoqué le déplacement de nombreux habitants vers les brousses et les groupements voisins. Cette situation affecterait le fonctionnement de plusieurs services essentiels, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la vie religieuse.
Plusieurs écoles situées en dehors du chef-lieu seraient ainsi fermées ou fonctionneraient au ralenti, en raison de la crainte des enseignants et des élèves de se déplacer. Dans les structures sanitaires, le départ du personnel et les difficultés d’approvisionnement en médicaments compliqueraient davantage l’accès aux soins.
L’hôpital général de référence de Kaniola figure également parmi les préoccupations soulevées. Le député provincial demande un appui en produits pharmaceutiques ainsi qu’un renforcement de l’alimentation électrique de l’établissement. Selon lui, les installations solaires disponibles ne permettent plus de faire fonctionner certains équipements médicaux, alors que cet hôpital assure la prise en charge de nombreux patients de la région.
La détention d’un téléphone portable serait par ailleurs devenue, selon les témoignages rapportés, un motif de suspicion. Des jeunes seraient arrêtés et soumis à des mauvais traitements sur la base d’accusations liées à la détention présumée de messages jugés compromettants.
Face à cette situation, Justin Rukingira Munguakonkwa appelle OCHA à dépêcher une mission d’évaluation humanitaire à Kaniola et sur l’axe Nzibira-Kaniola. Il sollicite également la mise en place d’un mécanisme permettant de faciliter l’assistance aux personnes déplacées ainsi qu’un soutien accru aux structures sanitaires locales.
Le député provincial demande en outre la mise en place d’une commission d’enquête indépendante sur les violations présumées des droits humains. Il invite le gouvernement congolais à renforcer la protection des civils et à veiller à l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Adoptée le 21 février 2025, cette résolution demande notamment au M23 de cesser les hostilités et de se retirer des zones qu’il contrôle dans l’est de la RDC. Elle appelle également au démantèlement des administrations parallèles établies par le groupe armé.
Le député provincial de Walungu appelle les autorités congolaises et les acteurs humanitaires à apporter une réponse urgente à la situation de Kaniola, alors que les violences présumées continuent d’affecter la protection des civils et l’accès aux services essentiels.
Rédaction


