Ituri : les habitants de Masumbuko et Largu circulent désormais librement

Ituri : les habitants de Masumbuko et Largu circulent désormais librement
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Une cohabitation pacifique remarquable s’observe depuis quelque temps entre les populations de Masumbuko et de Largu, en Ituri. Finis les déplacements en convois sous escorte : place désormais à la libre circulation, aux échanges commerciaux et même aux rencontres sportives entre les deux communautés. Une évolution saluée par les habitants.

Pendant longtemps, le trajet entre Masumbuko et Largu relevait du véritable parcours du combattant. Pour se déplacer d’une entité à l’autre, il fallait attendre la constitution d’un convoi d’une quinzaine, voire d’une vingtaine de motos, généralement sous escorte.

« La population de Masumbuko traverse Largu sans problème pour se rendre à Kpandroma, tandis que celle de Largu se rend à Masumbuko sans avoir besoin de former un convoi », témoigne un habitant.

Cette nouvelle réalité illustre le retour progressif de la confiance entre les deux communautés. Les conducteurs de motos-taxis, autrefois contraints de se regrouper pour assurer leurs déplacements, circulent désormais librement, parfois seuls, et à toute heure, entre les deux entités.

Cette avancée est notamment attribuée à l’implication des autorités coutumières et administratives, en particulier Joël Mande, chef de secteur des Walendu Tatsi, et Pilo Mulindro, chef de la chefferie des Bahema Nord.

À travers des actions de sensibilisation, de médiation et de rapprochement, ces deux autorités ont contribué à réduire la méfiance et à favoriser le rétablissement des relations entre les communautés.

La cohabitation retrouvée ne se limite d’ailleurs pas à la libre circulation. Elle se manifeste également dans les activités économiques et sociales du quotidien.

Les marchés de Masumbuko et de Largu sont désormais fréquentés par les membres des deux communautés, qui y achètent et vendent leurs produits sans difficulté majeure.

La jeunesse, elle aussi, semble avoir renoué avec une vie sociale plus apaisée. Des jeunes des deux communautés se rendent régulièrement dans l’une ou l’autre entité pour se divertir et partager des moments de convivialité.

« Les filles et les jeunes garçons quittent Masumbuko vers 16 heures pour se rendre à Largu et peuvent rentrer vers 4 ou 5 heures du matin. De leur côté, les jeunes de Largu viennent également à Masumbuko. Ils s’amusent ensemble sans problème », rapporte un habitant.

Le football, véritable facteur de cohésion sociale, est également redevenu un espace de rencontre. Les jeunes de Masumbuko et de Largu se retrouvent sur les mêmes terrains et disputent des rencontres sportives dans un climat désormais apaisé.

Face à cette évolution, les populations de Masumbuko et de Largu encouragent les autorités provinciales et nationales à multiplier et à soutenir les initiatives favorisant la cohabitation pacifique entre les différentes communautés de l’Ituri.

« C’est la preuve que la paix est possible lorsque les chefs s’engagent et que les communautés décident de vivre ensemble. »

Dans une province encore marquée par des tensions intercommunautaires, l’expérience de Masumbuko et de Largu apparaît ainsi comme un exemple encourageant. Elle rappelle que la paix durable peut aussi se construire à partir de gestes simples : circuler librement, commercer ensemble, se divertir et jouer ensemble.

Jospin wa Jorkim

Rédaction

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