Kasaï Central : le ministre provincial a.i de l’Intérieur Honoré Mutshipayi Balowe accusé d’alimenter des tensions coutumières à Luiza
Des tensions persistantes sont signalées dans le groupement des Baka Luyambi, secteur de Kabelekese, territoire de Luiza, au Kasaï Central. Le ministre provincial intérimaire en charge de l’Intérieur, Honoré Mutshipayi Balowe, est pointé du doigt par certains membres de la famille régnante pour avoir interdit l’installation de Monsieur Buanoko Kalombo Rémy comme chef de groupement.
Selon des sources locales, agissant sous l’autorisation du gouverneur de province, le ministre aurait décidé de consigner le salaire du chef de groupement des Baka Luyambi et de bloquer son installation officielle. Une décision que ses détracteurs jugent motivée par des « intérêts égoïstes » et susceptible de freiner certains projets de développement, notamment celui du port sec, présenté comme stratégique pour la province et d’autres régions du pays.
Cette mesure ferait suite à une correspondance datée du 19 février 2026, laquelle entrerait en contradiction avec la lettre n°1001/Div Ac/K.C 00111/2020 du 04 juin 2020 émanant de la Division provinciale des affaires coutumières. Ce document reconnaissait officiellement Monsieur Buanoko Kalombo Rémy comme remplaçant attitré du feu Kalombo Kaungu Shinkoyi, lui conférant ainsi les droits et prérogatives liés à la chefferie du groupement.
Face à ce qu’ils qualifient de « décision illicite », les membres de la famille régnante des Baka Luyambi appellent le gouverneur de province, Joseph-Moïse Kambulu, à s’impliquer personnellement dans ce dossier. Ils sollicitent la suspension de la décision du ministre provincial, estimant qu’elle risque d’aggraver les divisions au sein de la famille Kalombo et de provoquer des troubles supplémentaires dans le territoire de Luiza.
Interrogé sur la situation, un acteur de la société civile locale, ayant requis l’anonymat, affirme que la désignation de Monsieur Buanoko Kalombo Rémy aurait été entérinée lors d’une réunion familiale tenue le 26 avril 2020. Selon lui, le ministre provincial n’étant pas membre de la famille régnante, son intervention dans ce dossier coutumier serait mal perçue par une frange de la communauté.
Cet acteur social lance un appel pressant aux autorités provinciales ainsi qu’au président de l’Assemblée provinciale afin qu’ils s’enquièrent de la situation. Il évoque notamment les douloureux précédents qu’a connus la province, en référence aux violences liées à Kamuina Nsapu, appelant à tirer les leçons du passé pour éviter toute escalade.
« Notre province a déjà payé un lourd tribut à cause des conflits. Nous ne voulons plus revivre de tels scénarios. À l’heure où le Président de la République s’emploie à rétablir la paix dans l’Est du pays, il serait regrettable que des tensions internes viennent fragiliser davantage notre cohésion », a-t-il déclaré.
La Rédaction


