Ituri : Deogratias Bungamuzi appelle à une grande opération conjointe des FARDC à Kpandroma pour restaurer la paix à Djugu
Le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, a une fois de plus été le théâtre de violences meurtrières. Au début de cette semaine, plus de quatorze civils ont été massacrés lors d’attaques attribuées à la milice CODECO, selon plusieurs sources locales.
Ces attaques, marquées par des égorgements, des viols, des décapitations et des pillages, illustrent la persistance d’une spirale de terreur qui ravage la région depuis plusieurs années. Face à cette situation, Deogratias Bungamuzi Kukwabo, jeune ambassadeur de la paix et président des jeunes de l’Ituri, plaide pour une opération militaire d’envergure à Kpandroma, afin de neutraliser les bases actives de la milice.
« Il est urgent de lancer une grande opération conjointe des FARDC à Kpandroma, par air et par terre, afin de libérer nos compatriotes et de neutraliser l’état-major terroriste de la CODECO, condition nécessaire au rétablissement de la paix à Djugu, après la débâcle de la CRP de Mambanga-Lopa, Lodjo et ailleurs », déclare-t-il dans un pamphlet rendu public le 4 octobre 2025.
Une menace persistante dans la zone de Kpandroma
Selon Deogratias Bungamuzi, la région de Kpandroma demeure un foyer actif des violences, tandis que d’autres factions armées ont amorcé un processus de paix sur l’axe Bambu–Kobu–Mongwalu. Il déplore par ailleurs des informations faisant état d’une possible alliance tactique entre certains éléments de la CRP et de la CODECO, une situation susceptible d’aggraver l’insécurité dans le territoire de Djugu.
Cependant, il rejette toute tentative de justification de ces crimes au nom de cette alliance.
« Dire que la CODECO tue parce qu’elle serait en coalition reviendrait à excuser ou à relativiser l’inhumanité de ces actes », soutient-il.
Appel à une action militaire coordonnée et respectueuse du droit humanitaire
Le jeune leader iturien appelle les FARDC et les autorités compétentes à agir de manière concertée, en s’appuyant sur les expériences positives enregistrées lors d’opérations récentes menées à Ezekere, Nyakunde, Lodjo, Mabanga et dans d’autres zones du littoral du lac Albert.
Il recommande notamment :
- Le lancement d’opérations ciblées et renseignées contre les commandements actifs de la CODECO à Kpandroma, dans le respect du droit international humanitaire.
- La mise en place d’une stratégie sécuritaire intégrée, incluant la surveillance aérienne, les contrôles permanents et la sécurisation des axes de ravitaillement.
- Le déploiement de mesures de protection civile, telles que la création de corridors humanitaires et le renforcement des sites d’accueil pour les déplacés.
- L’ouverture d’enquêtes transparentes et rapides pour traduire en justice les auteurs et leurs commanditaires.
- Une communication gouvernementale claire et apaisée afin d’éviter la désinformation et les représailles intercommunautaires.
Un appel à la responsabilité nationale
Pour Deogratias Bungamuzi, la restauration de la paix en Ituri passe à la fois par la fermeté des opérations militaires, un renseignement efficace, une reconstruction sociale post-conflit et une justice crédible.
« Nous ne pouvons tolérer que des zones entières deviennent des sanctuaires pour des groupes armés qui s’acharnent à détruire des vies et à semer la haine », conclut-il, exprimant sa solidarité aux familles des victimes et aux déplacés.
Enock MUTEBA MAZELA


